Lundi 2 novembre 2009
Sur la mer Eglise, nefs et embarcations de survie se croisaient.

L’Amiral regardait vers le large, vers ce vaisseau-mère qui était à la fois si lointain et si proche. Son doux sourire chaleureux irradiait les membres de l’équipage qui pourtant connaissaient sa détermination à ne pas laisser la flotte continuer dans cette mauvaise direction.

Ce matin, pour la première fois, sur un des vaisseaux de la flotte, des émissaires des deux camps s’étaient réunis pour discuter de la route vers le salut. Une réunion semble-t-il cordiale après 20 ans de distance où le vaisseau-amiral de la tradition avait tracé seul son sillage, sur la bonne route, mais toujours au sein de la flotte, tout en émettant sans cesse des signaux vers le vaisseau-mère pour lui signaler qu’il n’était pas dans la bonne direction, pour lui signaler qu'à forces de voguer, d'autres embarcations de la flotte avaient fini par changer d'océan..

La rencontre ne s’était pas mal passée : les émissaires des deux camps avaient posés les jalons de la discussion, la méthode en quelque sorte, pour déterminer quelle route était la bonne, et s’étaient séparés, promettant de se revoir après avoir étudié les éléments avancés par l’autre ambassade. Il n’en demeurait pas moins qu’au-delà de la courtoisie de façade, de profonds différents demeuraient. Mais l’Amiral restait serein.

Certes, depuis quelques jours, de petites embarcations avaient essayé de se faire remarquer, en balançant quelques horions, mais sans y guère réussir, trop occupées elles-mêmes à écoper l’eau embarquant de toute part dans leurs coquilles de noix. Leurs puissants portes-voix clamaient leurs importants succès. Mais plus personne n’y prêtait attention, voyant la barque s’enfoncer doucement.

D’autres embarcations essayaient de persuader l’équipage, voire l’amiral, que sa route ne menait nulle part, et qu’il convenait, pour éviter une mutinerie, d’aligner sa route sur celle du vaisseau-mère. L’Amiral souriait toujours, sûr qu’il était de la direction vers le salut de la flotte toute entière, et conscient, simple amiral qu’il était, de sa lourde responsabilité de ramener la flotte toute entière dans la bonne direction. Pourtant, il continuait confiant, sans porter attention aux risques et en priant toujours plus, le regard rivé vers l’Etoile de la mer qui le guidait et dont le voile bleuté protégeait tous les marins.

Scribe
Par Christus imperat
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 1 novembre 2009

La face cachée des discussions doctrinales est peut-être la plus apparente, la plus perceptible, la moins attendue cependant de ces pourparlers ouverts à Rome le 26 octobre dernier. Il y a un an, alors que le cardinal Castrillón Hoyos, grand partisan des accords pratiques, imposait à la Fraternité Saint-Pie X un « ultimatum » avec échéance à la clef, les relations entre le Saint-Siège et l’œuvre de Mgr Lefebvre traversaient un petit orage. Les esprits s’échauffaient, les journalistes caricaturaient, des autorités diocésaines jusqu’à quelques responsables des communautés Ecclesia Dei, les hommes d’Église vilipendaient : la Fraternité n’avait pas à exiger de parler d’égal à égal. Cette récalcitrante devait se plier, voire se courber, pire… elle devait ramper. Il lui fallait se contenter d’une régularisation qui était à portée de main. Tout dépendait d’elle. Déjà les Cassandre décrétaient des jours de deuil face à des supérieurs que l’on disait aveuglés et déconnectés, devant des prêtres et des fidèles auquel on brandissait toujours le mot magique pour faire peur : « schisme » !

Pourtant, le 21 janvier, une bombe a touché l’Église romaine. En acceptant de lever l’excommunication touchant les quatre évêques de la Fraternité, le pape Benoît XVI subissait de plein fouet une campagne de dénigrement sans précédent menée de main de maître par le journalisme le plus rouge épaulé par quelques prélats non moins empourprés. Ce faisant, il tirait toutes les ficelles du monde catholique qui se trouvait davantage altéré en trois longs mois qu’au cours des vingt précédentes années. Le temps s’est curieusement accéléré à Rome. On attendit deux ans la libération de la messe traditionnelle, une année la levée des excommunications, six mois l’ouverture des discussions doctrinales.

Dès lors, ce qui s’avérait hier impossible aux yeux d’un grand nombre, devint soudain souhaitable et judicieux pour la plupart d’entre eux. Des discussions jugées hier saugrenues et déplacées constituaient aux yeux des médias comme des prélats la clef pour ouvrir la porte du dénouement de la crise. Désormais, celui qui était appelé un an auparavant le « flic helvétique » recevait chez lui les journalistes du catholicisme bien-pensant et était dépeint comme un chef diplomate, mesuré et habité par le sens de l’Église.

Au-dessus de la mêlée, le vicaire du Christ continuait son plan comme un joueur d’échec poursuit résolument et patiemment sa partie. En débutant son pontificat, il indiquait qu’il était impossible de déconnecter le Magistère du reste de la Tradition et il affirma quelques semaines plus tard que le second concile du Vatican, pourtant vieux de plus de quarante ans, n’avait pas encore été compris et que sa réception restait à faire. Jamais pourtant, si l’on met de côté quelques exceptions, le pape n’a encore apporté cette grille de lecture si nécessaire pour comprendre les textes conciliaires.

Ce « jamais » prend cependant fin à l’automne 2009. Le 26 octobre dernier, le pape a ouvert des pourparlers qui ont pour but de donner une interprétation droite et justifiée du Concile. Le communiqué de la salle de presse du Saint-Siège empêche de s’y tromper. Tous les thèmes évoqués par le Père Lombardi, son porte-parole, sont ni plus ni moins les grands sujets de Vatican II. C’est bien à une relecture de ce concile que l’on va procéder. Et à ce grand chantier de la réinterprétation et du raccrochage à la Tradition où les notae previae vont sans doute se multiplier comme des étais ou des arcs-boutants, le pape a décidé – chose inouïe – de confier la moitié des avis à … des prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X !

Mais les discussions doctrinales, si elles semblent confinées dans quelque salle – aussi prestigieuse soit-elle – du Palais du Saint-Office, ont en réalité lieu partout dans l’Église, dans les colonnes des journaux, même sur internet, sur les blogs et les forums. C’est la face cachée – et pourtant la plus visible – des discussions doctrinales qui réorientent toute la catholicité vers ce qu’avance la Fraternité, c’est-à-dire la théologie telle qu’elle a été pensée jusqu’à l’introduction d’une nouvelle ligne dans l’Église.

Les esprits prennent conscience que le Souverain Pontife a fait de la Fraternité fondée par Mgr Lefebvre, plus qu’une société à régulariser, une instance qui a son mot à dire dans la réinterprétation du Concile. Dès lors, on discute, on parlemente. En regardant le passé, on parvient à dépasser Vatican II. Le prêtre italien Giovanni Scalese faisait part de ses attentes : « Il s'agit plutôt d'un problème de clarté. Une clarté que Mgr Fellay et les lefebvristes ne sont pas les seuls à attendre, mais dont toute l'Église ressent un urgent besoin. » En faisant une certaine introspection, on parvient à considérer le chaos dans lequel est plongé l’Église. En jugeant sa formation, on perçoit les erreurs qui s’y sont accumulés. À cet égard, les récents propos de Mgr Patrick Chauvet, sont assez symptomatiques. Sur les antennes de Radio Notre-Dame il y a trois jours, le vicaire général de l'archidiocèse de Paris n’hésitait pas à critiquer les errements théologiques de son séminaire : « Je ne peux pas mettre une croix sur deux mille ans de Christianisme » dit-en en poursuivant : « La question du vocabulaire ! J’ai été formé comme cela. On nous a seriné : la notion de nature, d’essence, de personne, tout cela bouge, ça n’existe plus. Oui, mais le problème, c’est que les conciles ont parlé du Christ avec la notion de personne et de deux natures. Je veux bien qu’on change, mais si on change les mots, il faut qu’il y ait le même contenu derrière chaque mot. Quand on me dit sur l’Eucharistie, le mot de transsubstantiation, ça n’existe plus, personne ne comprend plus rien sur la substance, alors on dit « transignification ». Moi je ne peux pas accepter ce mot comme théologien car « transignification » ne veut pas dire transsubstantiation. Donc là il va y avoir des dialogues. Alors qu’il y ait une recherche théologique, après tout, c’est normal, mais cette recherche théologique ne doit pas troubler la foi des fidèles. Que, entre eux, ils réfléchissent, mais au moment où on proclame quelque chose, il faut que ce soit pour les fidèles, vraiment, une bande théologique pour avancer vers le salut. » Était-il possible d’entendre ces aveux il y a tout juste un an, il y a tout juste six mois ? Pouvait-on entendre cette critique feutrée de l’esprit conciliaire avant l’été ? Nous sommes arrivés au cœur du problème doctrinal, créant une onde de choc rendue impossible si on s’était contentée de régler des normalisations canoniques pour telle ou telle société religieuse.

Bien entendu, les Cassandre d’hier n’ont pas totalement disparu et ceux qui ne juraient que par les accords pratiques ne veulent pas croire dans le succès de ce projet de restauration. Il leur manque, semble-t-il, cette pincée de surnaturel qui change la face de la terre. « Sine tuo nomine, nihil est in homine, nihil est in innoxium », dit la séquence au Saint Esprit : « Sans ton secours, il n’y a rien dans l’homme, rien qui soit innocent. » En 2000, lorsque l’abbé Paul Aulagnier a rencontré à Campos le cardinal Castrillón Hoyos, ce dernier lui a indiqué que la demande de la libération de la messe était inaccessible. Pourtant, le 7 juillet 2007 a existé. Les champs de l’Église ne sont pas des cuisines électorales. Si l’on y cueille des fruits divins, c’est parce que les âmes ont cru et se sont unies au sacrifice du Christ qui répand des grâces insondables. Le Veni Sancte Spiritus continue ainsi : « Flecte quod est rigidum, fove quod est frigidum, rege quod est devium – Rendez souple ce qui est inflexible, réchauffez ce qui est glacé, redressez ce qui est dévié. » N’est-ce pas ce en quoi croient aujourd’hui le pape Benoît XVI et Mgr Bernard Fellay, deux hommes qui passent plus de temps devant le tabernacle que dans les journaux ?

Ennemond

Par Christus imperat
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 29 octobre 2009
Ah qu’elle bien sollicitée, notre FSSPX, toujours au centre de beaucoup de débats. Il est normal que le « Vaisseau Amiral » (selon l’expression de Monsieur l’Abbé de Tanouärn) soit regardé de tous mais encore faudrait-il éviter que les bateaux qui l’entourent ne gênent la manœuvre, volontairement ou involontairement. Qu’entends-je depuis l’annonce des discussions doctrinales ?

- il y a ceux qui crient qu’elle embarque la Tradition vers sa perdition. Ces désespérés, qui depuis longtemps ont perdu foi en Rome, n’imaginent même pas que la FSSPX, lors des discussions doctrinales et avec l’aide du Saint-Esprit, puisse faire prendre conscience des oppositions entre la Tradition et le Concile Vatican II et nombre d’actes post-conciliaires.

 - il y a ceux, non désespérés tout à fait, qui regardent dubitatifs, incrédules, une évolution qu’ils ont toujours espéré mais à laquelle ils n’osent croire, guettant la moindre déclaration, le moindre signe de ce qui pourrait être un « ralliement ». Et Dieu sait que dans cet état d’esprit, on peut en voir des signes, un peu comme quand on marche dans la nature, la nuit, en ayant à l’esprit d’étranges fantômes : alors, tout devient suspect.

- il y a les revanchards, ceux qui ne supportent pas l’idée du fils prodigue (encore que ce dernier n’a jamais vraiment quitté la maison) et qui se demandent pourquoi, alors même qu’ils sont restés « fidèles » au Pape, quitte à composer avec le Magistère Traditionnel, un tel honneur est fait à ceux qui se sont réfugiés dans le « schisme », eux qui n’ont jamais obtenu le droit à de telles discussions et qui ont avalé tant de couleuvres.

- il y a les impatients qui ne connaissent pas le temps de l’Eglise et ne raisonnent qu’en temps d’homme et qui voudraient, voir se terminer de leur vivant une crise qui les a meurtri dans leur âme, et parfois leur chair, ou qui tout simplement, dans leur plus ardente jeunesse, et sans avoir vécu la crise, veulent qu’il en soit de l’Eglise comme d’internet, que la crise soit résolue en trois clics.

- il y a les silencieux qui, « tradis certifiés » dans l’âme, ne se sont jamais résolus à rentrer dans la « dissidence » mais souffrent de voir cette situation, souffrent en silence de cette apostasie lente qui frappe des parties entières de l’Eglise, et qui, sans parfois oser le dire, sauf de manière officieuse espèrent ardemment que la FSSPX ramènera le Magistère Traditionnel au cœur de l’Eglise et de son enseignement.

- il y a les adversaires résolus, qui voient avec crainte le retour de la FSSPX et de ses méchants arguments en faveur du retour au moyen-âge de l’Eglise, avec ses dogmes horribles mais qui ne savent pas qu’ils se sont déjà exclus de l’Eglise. Ils n’ont qu’une crainte, que les discussions aboutissent dans un sens traditionnel à l’envers de l’évolution sociétale de l’Eglise.

 - il y a les malgré-nous, les mous, les adversaires qui sont contre sans être contre, qui sont pour sans être pour, qui écoutent le Pape sans trop réfléchir mais sans trop obéir non plus. Ils ne savent qu’attendre de ces discussions, espérant qu’elles ne perturberont pas leurs certitudes.

- il y a enfin l’immense majorité des catholiques, celle qui ne comprend rien à ce qui passe. Cette génération papolâtre qui porte des Tee-shirts Jean-Paul II, « Souris Jésus t’aime », qui suit aveuglement, non par raison mais surtout par sentiment, tout ce que le Saint-Père dit. Ils ne comprennent rien à cette crise, encore moins à l’enjeu des discussions doctrinales. D’ailleurs, ils ne savent pas grand-chose de la doctrine qui ne leur a pas été enseignée. Pour eux, ce serait bien que des frères dans le Christ égarés rejoignent le bercail de l’Eglise.

Au milieu de tout cela , il y a la FSSPX qui aperçoit toute cette agitation alentour. Son équipage est trop attentif à la bonne marche du navire pour s’en occuper. Ils s’en remettent au capitaine et à ses lieutenants (même celui qui est consigné dans ses quartiers dont on connaît la fidélité au capitaine). Il a du mal à comprendre ce bruissement, ces vociférations, ces imprécations de tous ceux qui veulent, dans un sens ou dans l’autre , encerclant la FSSPX, l’inciter à telle ou telle action.

Comme un vaisseau amiral de la Tradition, la FSSPX saura résister aux bateaux qui cherchent à entraver la marche de l’Eglise, éviter les bateaux qui involontairement, dans leur hâte, gênent son avancée, et continuera inlassablement à essayer de guider le Vaisseau Mère, vers la Tradition. Demain, il y a réunion de certains amiraux pour discuter de la stratégie. Prions pour qu’ils trouvent la bonne solution.

Scribe
Par Christus imperat
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 16 octobre 2009

Monseigneur Jacques Masson, responsable à l’agence Fides n’a pas craint de rappeler qu’il était le premier directeur du séminaire d’Ecône. Ces derniers jours, il a proposé en plusieurs épisodes ses souvenirs des débuts de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X qu’il a quittée dès 1974. Ses lignes sont d’un grand intérêt. Elles témoignent de l’état de délabrement de l’Église à cette époque et manifestent les doutes d’un jeune prêtre dans la tourmente de l’après-Concile. C’est le premier objectif de l’auteur et il est juste de l’en remercier.

 

La lecture de ces récits est surprenante à deux titres : d’abord parce que son auteur dresse un tableau assez noir de l’état du clergé demeuré dans les structures diocésaines. Selon lui, la perte de la foi était généralisée dans ses rangs lorsqu’il l’a quitté. Nous voulons bien le croire. L’autre élément qui nous a surpris, c’est sa très grande fermeté à l’égard de Mgr Lefebvre et de son œuvre. Celle-ci aurait débouché sur un « schisme », une affirmation que ne partage pas, par exemple, le pape Benoît XVI, qui y voit simplement un risque de schisme. Si nous voulons bien croire que c’était une crainte que l’auteur pouvait nourrir en 1972, nous voyons mal cependant comment il pourrait affirmer qu’il existe un esprit schismatique dans un groupe qui a réussi à conserver la Foi parmi des centaines de milliers de familles qui l’ont transmise, à leur tour, aux générations suivantes, sans cependant jamais vouloir se séparer du Siège de Pierre. Mais, il est certain que la levée sans condition de l’excommunication de 1988 ne peut que surprendre ceux qui ont préféré se régulariser plutôt que de continuer à suivre la Fraternité et qui préfèrent voir dans l’acte papal un acte d’une clémence telle qu’elle semble presque dédaigneuse.

 

Au-delà de la fidélité que l’on peut vouer à un homme, que des âmes aient pu s’inquiéter de voir dériver la Fraternité vers un véritable schisme est compréhensible. Le différend avec le Saint-Siège aurait pu écœurer à tout jamais bien des clercs et des fidèles. Et là aussi, on se serait aperçu que les responsables de cet éloignement n’auraient pas été les premiers soupçonnés. Mais il n’y a jamais eu de telle réalité. Mgr Lefebvre et ses successeurs ont toujours rappelé leur attachement au Siège de Pierre, appelé à prier pour le pape, manifesté leur amour pour la Ville Éternelle.

 

Dans toute l’affaire d’Ecône qui s’inscrit dans le cadre de la crise de l’Église, le danger est grand de s’appesantir sur des considérations strictement canoniques. C’est comme reprocher à une ambulance d’avoir enfreint le code de la route. Une victime ne se préoccupe guère de savoir si c’est un hors-la-loi ou un officier en règle qui vient la secourir. Des âmes qui ont lâché l’Église, parce qu’elles sont tombées entre les mains d’un Jacques Gaillot ou d’un Robert Zollitsch, il y en a des milliers, je n’ose dire plus. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Mgr Masson lui-même : les prêtres n’avaient plus la Foi ! Fallait-il donc que nous restions entre les mains de tous ceux que le prélat romain décrit aujourd’hui : « De nombreux séminaristes, qui ont été ordonnés prêtres, et sont devenus curés (s'ils ont persévéré dans leur sacerdoce), j'ose le dire sans les juger, mais en toute objectivité, n'étaient déjà plus catholiques. »

 

Alors, oui ! Il fallait s’affranchir de structures qui tôt ou tard nous auraient conduits vers les wagons de la perte de la Foi. Mgr Masson a été l’un des premiers à prendre le chemin de l’exil, en l’occurrence celui de Rome. Il l’explique : « J’avais quitté la France pour rester catholique ». Les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X se sont, quant à eux, maintenus sur le terrain et se sont vus progressivement dépouiller de leur celebret, parfois de leurs églises, de leur régularité canonique. Comme Notre Seigneur, on leur a arraché leurs vêtements pour en faire des parias. Mais pour quelle raison s’obstinaient-ils à demeurer en France ? Pour les âmes, oui, pour nos âmes !

 

Car toutes ces familles dont la maison et le travail étaient en France, que pouvaient-elles faire si ce n’est encourager cet archevêque pour qu’il vienne les secourir ? Ce n’était pas là un durcissement mais un appel toujours plus pressant à venir secourir les hommes tandis que la Chrétienté déclinait toujours plus rapidement. Ces âmes abandonnées de tous pouvaient-elles quitter leurs foyers et perdre leur emploi pour se rendre à Rome ? Pouvaient-elles vraiment suivre Mgr Masson dans son exil ?

 

Certes, on aurait pu faire de Marcel Lefebvre un homme de cour, un prince de l’Église multipliant les titres et les décorations. En lui faisant coiffer un chapeau cardinalice dans un dicastère inoffensif plutôt que de lui concéder un des plus petits évêchés français, on aurait ainsi désamorcé la bombe « Lefebvre ». Les vexations corréziennes ont eu du bon. Elles furent finalement providentielles. Elles ont fait garder la tête froide à cet archevêque qui avait jadis marché tant de fois dans la boue gabonaise animée de la même simplicité avec laquelle il faisait la vaisselle de ses séminaristes d’Ecône. Du premier jour jusqu’au dernier, un seul souci l’a animé : le salut des âmes. Le jour des sacres, il l’explique. Le cas de nécessité qu’il invoque n’est pas un subterfuge pour sauver une œuvre personnelle. Il est une obligation pour sauver les âmes : « Nous sommes dans le cas de nécessité, cas de nécessité de venir au secours de vos âmes, de venir à votre secours. » (sermon des sacres, 30 juin 1988). Avec le courage, la persévérance et la stature dont il était doté, il lui aurait été reproché lors de son jugement dernier de s’être offert une retraite anticipée. Il aurait été peccamineux pour lui de ne pas porter assistance à des âmes en danger.

 

Il nous est interdit de juger. Toutes ces aptitudes n’étaient pas données à tous. Et nombre de prêtres ont trouvé refuge partout où ils le pouvaient, regardant au loin ce que faisait le prélat d’Ecône. De manière générale, ils n’osent pas aujourd’hui le juger a posteriori car ils se trouveraient eux-mêmes confrontés  à l’objection de la nécessité de sauver les âmes en France, une priorité qui passait, aux yeux de Mgr Lefebvre, bien avant le confort de se trouver en régularité canonique.

 

Comment, après avoir démontré que les évêques de France avaient tout manigancé, en vouloir à Mgr Lefebvre ? Comment, de surcroît, quand on a démontré qu’il fallait quitter la France pour rester catholique, lui en vouloir d’avoir sauvé sur le terrain le plus grand nombre de vies et d’avoir maintenu vivant une bonne partie du tissu catholique ? Comment, après avoir rappelé le désarroi et le regret du pape lui-même face à une des plus grandes manipulations au sein de la Curie, parler d’un « schisme » pour stigmatiser celui qui l’a toujours refusé et qui fut la victime de ce triste coup monté ?


À Rome, ces accusations ne prévalent même plus. C'est justement parce qu'il ne croit pas au schisme que Benoît XVI fait tant de gestes pour la Fraternité, que l'affaire Lefebvre, qui vit des évolutions inimaginables depuis vingt ans, est loin d'être terminée, et que la sagesse exige plus que jamais que les personnes de bonne volonté qui ne comprennent pas les sacres s'abstiennent de condamner Mgr Lefebvre.

 

Côme Prévigny
agrégé de l'Université

 

Ecône, le 2 avril 1971
Mgr Marcel Lefebvre entourés par les abbés Bernard Waltz, Peter Morgan, Paul Aulagnier, Pierre Epiney, Jacques Masson et Jean-Yves Cottard

Par Christus imperat
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 29 juillet 2009

 

Il était une fois une maison dans laquelle les pères de famille, de génération en génération, entretenaient des règles de vie précises permettant à la Maison de se maintenir et de grandir encore et encore. Tous ses fils aimants y vivaient harmonieusement. Parfois, l'un divaguait et se trouvait exclu mais il était réintégré dès qu'il faisait amende honorable. Bien sûr, personne d'étranger ne rentrait dans la maison sans en accepter les règles.

Un jour, le père de famille, inquiet de voir que peu de gens frappaient à la porte pour rejoindre sa famille, décida qu'il y avait trop de règles et qu'il fallait les assouplir ou les supprimer. Dès lors, il y eut de grandes fêtes, tout le monde n'en faisait qu'à sa tête et le père ne contrôlait plus grand chose. Un fils cependant, mécontent de la tournure des évènements, se retira dans sa chambre et y maintint les règles anciennes de la famille. Le père, outré de ce comportement, alla à la porte de sa chambre et la ferma à clef.

Dehors, ce n'était que fêtes et relachements. Pour autant, il n'y avait pas grand monde qui frappait à la porte pour entrer dans la maison. Tout au contraire, beaucoup en sortaient.

Des années plus tard, un nouveau père de famille, accablé du constat de ce que le relâchement des règles avait fait à sa maisonnée, alla à la porte du fils fidèle aux anciennes règles (fils qui lui écrivait régulièrement) et ouvrit la serrure. La porte était donc susceptible d'être ouverte. Le fils lui répondit qu'il voulait d'abord discuter du retour des anciennes règles, de la fin des fêtes et des relâchements mais qu'il aimait son père et était prêt à l'aider à remettre de l'ordre dans la maison. Pourquoi, parce que ce fils craignait lui-même d'être entraîné dans ces fêtes et relâchements. Il était méfiant envers lui-même, à juste titre connaissant la faiblesse humaine.

Scribe

paru ici.
Par Christus imperat
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 21 juillet 2009

 

Nous aurions voulu nous réjouir de la dernière encyclique du pape Benoit XVI Caritas in veritate. Le nom est était prometteur et le sujet porteur d’espoir de voir le retour de l’Eglise dans les débats qui secouent la société, surtout en des temps d’actualités sociales brûlantes.

 

Ce n’est pas le fait que le pape constate en s’y résignant l’emprise de la mondialisation sur les peuples, ni que le St Père propose la création d’une autorité mondiale qui remet en cause à des degrés plus ou moins importants l’autorité des états qui pose le principale problème, c’est le fait de ne pas voir et de ne pas affirmer comment Notre Seigneur Jésus Christ est le maitre des sociétés pour leur bien.

Car ne pas voir que toute morale nécessaire au bien commun de toute société découle uniquement de la religion est actualiser cette grande erreur de l’homme bon promu par Rousseau. L’histoire le prouve, les faits divers continuent de le faire : l’home a besoin d’un repère qui le transcende, car livré à lui-même, il devient une bête pour son prochain. C’est la conséquence du péché originel.

 

Face à un occident qui se livre à la débauche, face au désespoir d’une société matérialiste, face à la pauvreté engendrée par la corruption et par l’anéantissement de peuples entiers devenus esclaves modernes, il était facile de faire le constat qu’une société sans Dieu est une société malheureuse et livrée à tous les maux.

 

La liberté religieuse est la principale cause de la sécularisation de nos sociétés. Et c’est la cause du mal que cherche à dénoncer le pape qui est promu dans l’encyclique :

 

« La religion chrétienne et les autres religions ne peuvent apporter leur contribution au développement que si Dieu a aussi sa place dans la sphère publique, et cela concerne les dimensions culturelle, sociale, économique et particulièrement politique. La doctrine sociale de l’Église est née pour revendiquer ce « droit de cité» [135] de la religion chrétienne. » Benoit XVI, Caritas in veritate, ƒ56

 

Nous voici donc face à la promotion de la liberté religieuse, qui relativisant toute forme de vérité et d’absolu, détruit tout repère transcendantale nécessaire au bon fonctionnement d’une société. L’encyclique relativise également son propre message et celui de l’Eglise Catholique par cet œcuménisme qui reconnait la présence de Dieu dans les fausses religions.

 

Dangereuse dans ses préconisations politiques, cette encyclique est surtout une attaque contre la doctrine de l’Eglise : liberté religieuse, œcuménisme, engendrant un relativisme généralisé, un tel texte mène un peu plus l’humanité sur la voix d’un melting-pot religieux sans saveur à la solde de ce nouvel ordre mondial. Le Christ Roi est plus absent que jamais, oublié de Pierre. Le Vicaire du Christ a dans son encyclique fait siens les désirs de la Franc-maçonnerie.

Austremoine
Par Austremoine
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Lundi 30 mars 2009


Souvenons-nous. C’était il y a un peu moins de cinquante ans. En ouvrant le concile Vatican II devant les deux mille cinq cents évêques réunis dans la basilique Saint-Pierre, le pape Jean XXIII prédisait « une aurore resplendissante qui se lève sur l’Église ». Appelant les Catholiques à en ouvrir bien grand les fenêtres pour qu’un air frais vienne ragaillardir le peuple chrétien, il semblait déjà le subodorer de manière résolument optimiste : « Tout ici respire la sainteté et porte à la joie » disait-il. Cette joie, cette lumière, cette senteur nouvelle, ce sont autant d’images qui figurent l’union entre l’Église et le monde, également résumée dans le maître mot du pape Roncalli : l’aggiornamento, c’est-à-dire la mise à jour de l’Église aux temps nouveaux. En inaugurant la deuxième session de Vatican II, « fenêtre ouverte sur le Monde », son successeur Paul VI accentua l’ouverture d’un Concile qui devait « travailler à jeter un pont vers le monde contemporain » pour le réconcilier avec l’Église. Il défiait ainsi le pape Pie IX qui condamnait en 1864 ceux qui estimaient que le pontife romain pouvait et devait se réconcilier avec la civilisation moderne.

Un demi-siècle a passé et la lumière s’est estompée, les rangs se sont clairsemés, les bonnes odeurs se sont comme évanouies et les piles du pont qui devait relier la papauté au monde moderne n’ont finalement pas été posées. Pire, leurs quelques fondations semblent inexorablement s’écrouler. Entre déclaration tronquée et lynchage médiatique, l’actualité récente a même montré que, dès que l’Église sortait d’un silence qui le confortait, c’est ce même monde qui s’ingéniait résolument à détruire toute tentative d’alliance. Alors que Rome proposait il y a cinquante ans une réconciliation, la civilisation moderne lui répond aujourd’hui par un net refus. Pire, elle couvre le successeur des Apôtres de quolibets. Elle en fait son premier ennemi. Dès lors, entre la papauté et le monde coule ce flot de la désunion sur lequel dérive l’épave de l’aggiornamento tandis que retentit soudainement cette parole de l’Écriture : « Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde entier repose sur le mauvais ». De part et d’autre, le Christ appelle les hommes pour leur rappeler à nouveau : « Qui n’est pas avec moi est contre moi et qui n’amasse pas avec moi dissipe ».

Côme Prévigny

Par Christus imperat
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 30 mars 2009



 

Incompréhension d'un pape piégé par les herméneutiques

 

La lettre du pape Benoit XVI du 10 mars 2009 aux évêques catholiques montre l'incompréhension d'un pape face à une Eglise déchirée par un schisme latent. Une incompréhension mais aussi un certain désarmement tant il constate l'impossible réconciliation entre un épiscopat qui brandit le concile Vatican II pour mieux rejeter 2000 ans de magistère et une Fraternité St-Pie X qui ne souhaite ni plus ni moins le délaissement de ce Concile.

 

Cette lettre résonne comme un cri sorti du cœur, comme un cri dans le désert d'une Eglise exsangue après quarante ans de réformes. Un appel aux accents d'une sincérité poignante où le pasteur de l'Eglise universelle tente de faire entendre que ce Concile, fustigé par les uns et brandi par les autres, se situe dans la longue tradition de l'Eglise.

 

Parce que si l'aile progressiste de l'Eglise a pu constater ces dernier mois que le pape Ratzinger n'est pas un inconditionnel des réformes issues du Concile, et notamment des réformes liturgiques qu'il a, à maintes reprises, dénoncées, il n'est pas non plus ce pape conservateur et traditionnaliste que certains espèrent voir en lui.

 

Benoit XVI est un pape viscéralement attaché au concile Vatican II, et comme il l'avait rappelé à Mgr Fellay lors de leur entretien au mois d'août 2005, il ne peut pas concevoir qu'un catholique ne soit pas imbibé de l'esprit du Concile, mais d'un esprit qui interprète le Concile à la « lumière de la tradition ».

 

Tradition ou tradition ?

 

Vieille formule que celle-ci, formule qui devait sceller l'accord entre le St Siège et Mgr Lefebvre en 1988. Formule ambigüe et trompeuse tant elle prête à confusion. Car il ne faut pas s'y tromper, aujourd'hui Benoit XVI continue de poser des actes et de prôner des doctrines qui sont en rupture avec la Tradition. L'œcuménisme, la collégialité et la liberté religieuse sont les plus importants. Pourtant Benoit XVI dit se situer dans la Tradition de l'Eglise, un tel désaccord s'explique par le fait que la notion de la tradition n'est pas la même pour tout le monde.

 

C'est pourquoi Mgr Fellay rappelle dans son communiqué du 12 mars 2009, consécutif à la lettre du Souverain Pontife, la définition de la Tradition telle que l'entend la FSSPX et, surtout, le magistère de toujours :

« Loin de vouloir arrêter la Tradition en 1962, nous souhaitons considérer le Concile Vatican II et l'enseignement post-conciliaire à la lumière de cette Tradition que saint Vincent de Lérins a définie comme « ce qui a été cru toujours, partout et par tous » (Commonitorium), sans rupture et dans un développement parfaitement homogène. C'est ainsi que nous pourrons contribuer efficacement à l'évangélisation demandée par le Sauveur. (cf. Matthieu 28,19-20) »

 

Face à cela le pape Benoit XVI prône une herméneutique de la continuité, pourtant bien conscient que le Concile marque une rupture qui pour lui reste purement apparente :

« Le Concile Vatican II, avec la nouvelle définition de la relation entre la foi de l'Eglise et certains éléments essentiels de la pensée moderne, a revisité ou également corrigé certaines décisions historiques, mais dans cette apparente discontinuité, il a en revanche maintenu et approfondi sa nature intime et sa véritable identité. »

 

Le pape Benoit XVI reste très attaché à l'aspect traditionnel de l'Eglise, surtout dans son aspect liturgique et extérieur, et pense même que c'est essentiel afin que l'Eglise opère les mutations doctrinales d'adaptation au monde moderne. D'une façon imagée, il voudrait que le Concile change le contenu tout en conservant l'aspect du contenant : la rupture dans la continuité. C'est ce qui ressort par exemple du livre du Cardinal Razinger « Les principes de la théologie catholique » :

« De tous les textes du IIe Concile du Vatican, la constitution pastorale «sur l'Eglise dans le monde de ce temps» (Gaudium et spes) a été incontestablement le plus difficile et aussi, à côté de la constitution sur la liturgie et du décret sur l'œcuménisme, le pus riche en conséquences. Par sa forme et la direction de ses déclarations, il s'écarte dans une large mesure de la ligne de l'histoire des conciles et permet, par le fait même, plus que tous les autres textes, de percevoir la physionomie spéciale du dernier Concile. C'est pourquoi il a été considéré de plus en plus après le Concile comme le véritable testament de celui-ci...

 

[...]

 

Si l'on cherche un diagnostic global du texte, on pourrait dire qu'il est (en liaison avec les textes sur la liberté religieuse et sur les religions du monde) une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de contre-Syllabus. Harnack, on le sait, a interprété le Syllabus de Pie IX tout simplement comme un défi à son siècle; ce qu'il y a de vrai, c'est qu'il a tracé une ligne de Séparation devant les forces déterminantes du XIXe siècle: les conceptions scientifiques et politiques du libéralisme.

 

[...]

 

Contentons-nous ici de constater que le texte joue le rôle d'un contre-Syllabus dans la mesure où il représente une tentative pour une réconciliation officielle de l'Eglise avec le monde tel qu'il était devenu depuis 1789... »

 

Il y a là un désaccord profond sur la nature de la Tradition, qui touche à la conception même du magistère et donc de la nature et de la mission de l'Eglise.

 

Les fruits de 40 années d'une « tradition » conciliaire


Ce mot honni de « tradition » que le pape ne craint pas mais que les évêques dans leur grande majorité ont voulu opposer à la modernité en l'assimilant à une conception passéiste et sclérosée du magistère et de la liturgie est aujourd'hui l'objet d'une attention toute particulière.

Cela prête presque à rire de voir ces épiscopes des plus progressistes que les erreurs modernes aient engendré tenter de sauver leurs délires révolutionnaires en les revendiquant de la tradition de l'Eglise. L'exemple de Mgr Claude Dagens, Évêque d'Angoulême, qui ne passe pourtant pas pour être des plus progressistes, est très éclairant :

« Il me paraît impossible de revisiter le Concile ou de distinguer ce qui serait conforme ou non à la Tradition. Le Concile forme un tout cohérent. Il n'a pas été une trahison de la Tradition. On ne peut pas céder à sa révision. Si cet acte de réconciliation nous oblige à relire le chemin parcouru depuis cinquante ans, nous le ferons avec fierté, et non pas en nous battant la coulpe. »

 

Ce même évêque qui s'est notamment rendu, entre autres scandales, le 15 novembre 2008 à la célébration du 250ème anniversaire de la franc-maçonnerie en Charente. Ce même évêque, membre de l'Académie Française qui n'a pas émit la moindre réserve devant l'élection de l'avorteuse Simone Veil à la même institution. Est-ce là sa conception de la tradition, est-ce là tout simplement sa façon d'être catholique ?

 

On connait les accointances de certains prélats avec la Franc-maçonnerie. Elle n'étonne plus depuis bien longtemps. Ce qui étonne beaucoup plus est le silence pesant d'une grande majorité de l'épiscopat devant le génocide de l'avortement. Où est la conception de la tradition des 99 évêques français qui n'ont pas soutenus la marche pour la vie ?

 

Le pape Benoit XVI, tout en restant fidèle à sa conception de l'herméneutique de la continuité ne s'y est pas trompé :

« Cependant, à certains de ceux qui se proclament comme de grands défenseurs du Concile, il doit aussi être rappelé que Vatican II renferme l'entière histoire doctrinale de l'Église. Celui qui veut obéir au Concile, doit accepter la foi professée au cours des siècles et il ne peut couper les racines dont l'arbre vit. »

 

Le schisme est consommé

 

Inutile de réécrire ce qui l'est déjà. Changeons de pays afin de varier les exemples. Reprenons le communiqué de l'abbé Franz Schmidberger, supérieur du district d'Allemagne de la FSSPX :

« 5. Les évêques exigent de la part de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X  la reconnaissance de l'autorité du Pape, bien que la FSSPX n'ait jamais mis en doute cette autorité. Cela indique que les évêques n'ont pas débattu substantiellement sur les positions de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, ni ne veulent ce débat. 

6. La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X constate au contraire un refus subconscient de l'autorité du Pape au sein de l'épiscopat allemand. Le comportement de ce dernier à l'égard des toutes dernières publications du Pape le prouve :

a) Le souhait du pape de corriger les mauvaises traductions des paroles de la consécration a été, à ce jour, ignoré des évêques allemands.

b) Le Motu Proprio pour la libéralisation de la messe ancienne est traité par certains évêques de façon tellement restrictive qu'il a dû rester presque sans effet. 

c) Les intentions du Vendredi Saint du Pape ont été elles aussi faussement dénoncées par certains théologiens d'Allemagne comme « antisémites ».  

d) En Allemagne, la position claire du Pape concernant la notion d'Église attribuée au sein des communautés protestantes s'est majoritairement heurtée à l'incompréhension.

e) Malgré plusieurs rappels, les évêques allemands n'ont pas retiré la Déclaration de Königstein qui rend inefficace l'Encyclique "Humanae vitae" de Paul VI.

f) Enfin, la déclaration "Dominus Jesus" a elle aussi été vivement critiquée justement par les théologiens allemands parce qu'elle signifie que l'unique chemin de salut est l'Église.

7. Considérant ces  faits, nous voyons que certains évêques refusent le chemin indiqué par le Pape, chemin de la clarté et de la réconciliation. Ils veulent évidemment l'abandon complet de tous les points de vue conservateurs au sein de l'Église. Cette opposition contre le Pape ne s'exprime pas encore ouvertement, mais elle existe depuis longtemps de façon sous-jacente dans de nombreuses manifestations. »

 

Ce n'est que l'illustration du fait que la grande majorité des évêques, et notamment des pays occidentaux, cela même qui utilisent la « communion » qui, prétendent-ils, les unirait au siège apostolique, n'accordent aucune importance aux désirs du pape et au bien de l'Eglise.

 

Dans le triste constat dressé par monsieur l'abbé Franz Schmidberger, il est intéressant et dramatique de constater que les évêques vont à l'encontre du pape et de l'Eglise en trois endroits :

  • - en matière de doctrine
  • - en matière de loi
  • - en matière politique

Il n'est pas possible dans un cas comme celui-ci de parler même de « communion imparfaite », car de communion, il n'y a pas du tout.

 

Une révolution sans engeance

 

L'échec de l' « aggiornamento » est aujourd'hui patent. Et les faits sont têtus. Ce n'est pas Mgr Hyppolite Simon, archevêque de Clermont-Ferrand, qui interdit à ses prêtres d'accompagner les défunts au cimetière pour l'absoute sous prétexte que les Chrétiens doivent apprendre à se débrouiller tout seul, qui le niera. Ni même Mgr Rouet, repris par Pèlerin Info :

« L'archevêque de Poitiers, Mgr Albert Rouet, teste une nouvelle voie dans son diocèse. Des « communautés locales » de laïcs y prennent en charge toute l'intendance, des finances à l'animation liturgique, afin de permettre aux prêtres de se recentrer sur le cœur de leur ministère : assurer le lien entre les communautés chrétiennes et leur apporter la parole de Dieu. Soit un véritable retour aux premiers siècles du christianisme, pour une Eglise qui n'a plus les moyens, désormais, de fonctionner comme un service public dans chaque village. »

 

Certes si l'Europe parait plus sinistrée que le reste du monde, au moins au niveau des statistiques, cela n'empêche pas le pape Benoit XVI de crier son inquiétude :

« À notre époque où dans de vastes régions de la terre la foi risque de s'éteindre comme une flamme qui ne trouve plus à s'alimenter, la priorité qui prédomine est de rendre Dieu présent dans ce monde et d'ouvrir aux hommes l'accès à Dieu. Non pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï ; à ce Dieu dont nous reconnaissons le visage dans l'amour poussé jusqu'au bout (cf. Jn 13, 1) - en Jésus Christ crucifié et ressuscité. En ce moment de notre histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l'horizon des hommes et que tandis que s'éteint la lumière provenant de Dieu, l'humanité manque d'orientation, et les effets destructeurs s'en manifestent toujours plus en son sein. »

 

Le constat est là : la Foi s'éteint, car elle ne trouve plus à s'alimenter. L'aliment de la Foi ce sont les sacrements, distribués par les prêtres ordonnés pour le sacrifice source de toutes grâces, dans un rite qui exprime la Vérité et la Force qui se déversent par ce moyen dans le cœur de l'homme. Et sans une Foi nourrie par une doctrine sûre, le don à Dieu dans le sacerdoce disparait. Et sans prêtre, plus de sacrement, et sans sacrements, plus de chrétien.

 

Le schisme sans danger de conséquence

 

Face à une frange progressiste qui appelle de ses vœux une Eglise sans prêtres, qui ne respecte ni la doctrine, ni la discipline et ni la politique de l'Eglise Catholique, dont les fruits sont la destruction complète de la foi et de la culture chrétienne, et qui refuse de remettre en question son idéologie que tous constatent mortifère, le schisme de cette frange n'est pas une menace mais une chance, et ne représente aucune conséquence dommageable bien au contraire.

 

Les hommes qui refusent le sens de l'histoire sont voués à l'oubli ou au mépris. Et le sens de l'histoire montre à l'Eglise qu'il faut qu'elle renoue avec sa Tradition, doctrinale et liturgique. Le pape marche dans cette direction. Les chiffres montrent cette évidence. Aujourd'hui, en France, alors que l'ancienne messe avait été déclarée interdite par l'épiscopat français et même mondial, un prêtre sur quatre est ordonné pour le rite tridentin. Les pays où les réformes conciliaires ont été appliquées avec le plus de dureté sont ceux dont la déchristianisation est maintenant achevée.

 

Qu'importe la « communion » des destructeurs du sacerdoce, ces loups déguisés en brebis qui hurlent avec les hordes infernales. Ils refusent l'évidence des faits, ils refusent la doctrine de l'Eglise. Si le schisme n'est pas prononcé il n'en est pas moins effectif. Il serait bon maintenant, afin d'éclairer les âmes dans cette tempête déchainée, que ceux-ci soient dénoncés et fermement condamnés.

 

« Les docteurs d'impiété. Aversion et mépris : voilà ce qu'ils méritent. Ce sont ou bien des ignorants qui s'attachent à la religion sans la connaître et qui se gardent bien d'en étudier les preuves ; ou bien des menteurs qui affichent des convictions qu'ils n'ont pas, car il est impossible à un homme d'être convaincu que la religion est fausse ; ou bien des cœurs gâtés qui blasphèment la religion uniquement parce qu'elle gêne leurs vices. Ignorants, menteurs, impudiques ou voleurs : parmi ceux qui attaquent habituellement la religion, il n'y en a pas un qui ne rentre dans l'une ou l'autre de ces quatre catégories. [...] Fermez-leur impitoyablement votre porte ; à l'occasion, imposez-leur silence, surtout quand vos enfants sont là. » Saint Alphonse de Liguori

 

 

Cette Église conciliaire qui masque le visage de l'Epouse virginale du Christ doit mourir. La Vérité doit être proclamée et l'erreur condamnée. Et malgré le déchainement des puissances infernales, l'Eglise resplendira de nouveau, pour le salut des hommes, car « les portes l'enfer ne prévaudront pas contre elle » (Mt 16, 18).

 


 Austremoine
Par Austremoine
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Dimanche 22 mars 2009

 


Paris, cathédrale Notre-Dame, vendredi de la 3e semaine de Carême, 20 mars 2009, entre 15 et 16 h

 

VÉNÉRATION DE LA COURONNE D'ÉPINES

tel est l'intitulé qui figure sur le site Internet et à l'entrée de la cathédrale pour les vendredis de Carême et le Vendredi Saint.

 

Sur le parvis et au portail sud qui sert d'accès au sanctuaire, beaucoup de monde et les habituelles roumaines tendant la main ou à genoux, modernes Esmeraldas. Entrée fluide et ordonnée de la file d'attente, accès à la partie réservée pour la prière au centre d'un espace envahi par les touristes des quatre coins du monde. Un chevalier du Saint-Sépulchre vieillissant et un peu sourd fait office peu discret de service d'ordre, deux dames passent régulièrement dans la nef et les travées latérales, avec une corbeille emplie d'imprimés ou d'images diverses dont certaines (toutes ?) sont à vendre, semblables à des ouvreuses de cinéma, modernes marchandes du temple au sein de la partie du sanctuaire dévolue aux offices et au recueillement ?

 

A l'heure dite, la procession entre, faisant le “grand tour” par le bas-côté sud et remontant le seul morceau de nef qui résiste encore aux touristes : chanoines de la cathédrale bardés de l'étole rouge comme le sang du Christ sans doute, trois clercs eux en violet comme il se doit pour cette période liturgique de pénitence mais avec des chasuble et dalmatiques d'un style un peu oriental, chevaliers du Saint-Sépulchre en grand manteau ivoire frappé sur l'épaule de la croix rouge patentée de Jérusalem et ... au milieu, saisissante dans une procession qui se doit masculine, une toute petite très vieille dame toute en noir, mantille et longue cape de satin, une classe extrême, mille ans de chevalerie, de foi inébranlable infailliblement transmise, le visage buriné par près d'un siècle d'épreuves transcendées, et toujours ce maintien droit, le front haut, le regard clair levé vers l'autel...

 

La procession arrivée à la croisée du transept où se trouve l'autel (?!), un chanoine prend la parole pour expliquer la tradition, au sens littéral du terme, des reliques de la Passion, puis annonce que précisément aujourd'hui il accueille des clercs orthodoxes, avec leur chorale, qui vont célébrer les vêpres avant la cérémonie de vénération des reliques.

 

Les vêpres commencent, très beau choeur de basses, très belles mélodies/mélopées en slavon. Je décide, puisque je suis venue jusque là, remettant à demain des tâches ménagères aussi dépourvues d'intérêt qu'urgentes et qui vont obérer la journée de samedi, d'attendre la partie catholique de la célébration mais, ne voulant pas m'unir sans nécessité à une cérémonie qui, bien que chrétienne, n'est pas de ma religion, je tire lunettes et livre bleu de mon sac pour m'absorber dans un examen de conscience préparatoire à une confession quadragésimale. Une partie de l'assistance se lève ou se rassied au gré de la liturgie ; je reste résolument assise, présente mais non partipant à ce rite. Ayant fini mes dévotions, je commence à trouver tout cela un peu long, les chants beaux mais un peu “sopo” à la longue. Enfin le chanoine se lève pour lire un passage de l'Évangile de la Passion : recueillement ... Mais il est environ 15 h 40 : si l'on considère la foule il faudra bien les 20 minutes restantes (on nous a annoncé la fin de la cérémonie pour 16 h) afin que chacun puisse monter jusqu'aux marches de l'autel pour s'incliner et baiser les reliques ; donc j'aurai assisté sans nécessité, et par ma présence donné mon assentiment à une cérémonie presqu'entièrement schismatique – ce que je ne suis pas.

 

Un dernier regard, de loin, vers la Sainte Couronne d'Épines que je ne reverrai pas de près cette fois-ci, un sacrifice de plus à offrir en ce vendredi de Carême, et je pars silencieusement.


S.N. 

 

 

Par Christus imperat
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 19 mars 2009


Lors du prochain pèlerinage des 30, 31 mai et 1er juin 2009 qui emmenera les fidèles de la cathédrale Notre-Dame de Chartres jusqu'à la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, Monseigneur Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X célébrera la messe du dimanche de Pentecôte.

En cette année saint Paul ouverte à Rome le 29 juin dernier par le pape Benoît XVI, le thème de ce pèlerinage sera consacré à l'apôtre des Nations.

© LPL-JCT. Reproduction interdite

Par Christus imperat
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus