Lundi 30 mars 2009


Souvenons-nous. C’était il y a un peu moins de cinquante ans. En ouvrant le concile Vatican II devant les deux mille cinq cents évêques réunis dans la basilique Saint-Pierre, le pape Jean XXIII prédisait « une aurore resplendissante qui se lève sur l’Église ». Appelant les Catholiques à en ouvrir bien grand les fenêtres pour qu’un air frais vienne ragaillardir le peuple chrétien, il semblait déjà le subodorer de manière résolument optimiste : « Tout ici respire la sainteté et porte à la joie » disait-il. Cette joie, cette lumière, cette senteur nouvelle, ce sont autant d’images qui figurent l’union entre l’Église et le monde, également résumée dans le maître mot du pape Roncalli : l’aggiornamento, c’est-à-dire la mise à jour de l’Église aux temps nouveaux. En inaugurant la deuxième session de Vatican II, « fenêtre ouverte sur le Monde », son successeur Paul VI accentua l’ouverture d’un Concile qui devait « travailler à jeter un pont vers le monde contemporain » pour le réconcilier avec l’Église. Il défiait ainsi le pape Pie IX qui condamnait en 1864 ceux qui estimaient que le pontife romain pouvait et devait se réconcilier avec la civilisation moderne.

Un demi-siècle a passé et la lumière s’est estompée, les rangs se sont clairsemés, les bonnes odeurs se sont comme évanouies et les piles du pont qui devait relier la papauté au monde moderne n’ont finalement pas été posées. Pire, leurs quelques fondations semblent inexorablement s’écrouler. Entre déclaration tronquée et lynchage médiatique, l’actualité récente a même montré que, dès que l’Église sortait d’un silence qui le confortait, c’est ce même monde qui s’ingéniait résolument à détruire toute tentative d’alliance. Alors que Rome proposait il y a cinquante ans une réconciliation, la civilisation moderne lui répond aujourd’hui par un net refus. Pire, elle couvre le successeur des Apôtres de quolibets. Elle en fait son premier ennemi. Dès lors, entre la papauté et le monde coule ce flot de la désunion sur lequel dérive l’épave de l’aggiornamento tandis que retentit soudainement cette parole de l’Écriture : « Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde entier repose sur le mauvais ». De part et d’autre, le Christ appelle les hommes pour leur rappeler à nouveau : « Qui n’est pas avec moi est contre moi et qui n’amasse pas avec moi dissipe ».

Côme Prévigny

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Lundi 30 mars 2009



 

Incompréhension d'un pape piégé par les herméneutiques

 

La lettre du pape Benoit XVI du 10 mars 2009 aux évêques catholiques montre l'incompréhension d'un pape face à une Eglise déchirée par un schisme latent. Une incompréhension mais aussi un certain désarmement tant il constate l'impossible réconciliation entre un épiscopat qui brandit le concile Vatican II pour mieux rejeter 2000 ans de magistère et une Fraternité St-Pie X qui ne souhaite ni plus ni moins le délaissement de ce Concile.

 

Cette lettre résonne comme un cri sorti du cœur, comme un cri dans le désert d'une Eglise exsangue après quarante ans de réformes. Un appel aux accents d'une sincérité poignante où le pasteur de l'Eglise universelle tente de faire entendre que ce Concile, fustigé par les uns et brandi par les autres, se situe dans la longue tradition de l'Eglise.

 

Parce que si l'aile progressiste de l'Eglise a pu constater ces dernier mois que le pape Ratzinger n'est pas un inconditionnel des réformes issues du Concile, et notamment des réformes liturgiques qu'il a, à maintes reprises, dénoncées, il n'est pas non plus ce pape conservateur et traditionnaliste que certains espèrent voir en lui.

 

Benoit XVI est un pape viscéralement attaché au concile Vatican II, et comme il l'avait rappelé à Mgr Fellay lors de leur entretien au mois d'août 2005, il ne peut pas concevoir qu'un catholique ne soit pas imbibé de l'esprit du Concile, mais d'un esprit qui interprète le Concile à la « lumière de la tradition ».

 

Tradition ou tradition ?

 

Vieille formule que celle-ci, formule qui devait sceller l'accord entre le St Siège et Mgr Lefebvre en 1988. Formule ambigüe et trompeuse tant elle prête à confusion. Car il ne faut pas s'y tromper, aujourd'hui Benoit XVI continue de poser des actes et de prôner des doctrines qui sont en rupture avec la Tradition. L'œcuménisme, la collégialité et la liberté religieuse sont les plus importants. Pourtant Benoit XVI dit se situer dans la Tradition de l'Eglise, un tel désaccord s'explique par le fait que la notion de la tradition n'est pas la même pour tout le monde.

 

C'est pourquoi Mgr Fellay rappelle dans son communiqué du 12 mars 2009, consécutif à la lettre du Souverain Pontife, la définition de la Tradition telle que l'entend la FSSPX et, surtout, le magistère de toujours :

« Loin de vouloir arrêter la Tradition en 1962, nous souhaitons considérer le Concile Vatican II et l'enseignement post-conciliaire à la lumière de cette Tradition que saint Vincent de Lérins a définie comme « ce qui a été cru toujours, partout et par tous » (Commonitorium), sans rupture et dans un développement parfaitement homogène. C'est ainsi que nous pourrons contribuer efficacement à l'évangélisation demandée par le Sauveur. (cf. Matthieu 28,19-20) »

 

Face à cela le pape Benoit XVI prône une herméneutique de la continuité, pourtant bien conscient que le Concile marque une rupture qui pour lui reste purement apparente :

« Le Concile Vatican II, avec la nouvelle définition de la relation entre la foi de l'Eglise et certains éléments essentiels de la pensée moderne, a revisité ou également corrigé certaines décisions historiques, mais dans cette apparente discontinuité, il a en revanche maintenu et approfondi sa nature intime et sa véritable identité. »

 

Le pape Benoit XVI reste très attaché à l'aspect traditionnel de l'Eglise, surtout dans son aspect liturgique et extérieur, et pense même que c'est essentiel afin que l'Eglise opère les mutations doctrinales d'adaptation au monde moderne. D'une façon imagée, il voudrait que le Concile change le contenu tout en conservant l'aspect du contenant : la rupture dans la continuité. C'est ce qui ressort par exemple du livre du Cardinal Razinger « Les principes de la théologie catholique » :

« De tous les textes du IIe Concile du Vatican, la constitution pastorale «sur l'Eglise dans le monde de ce temps» (Gaudium et spes) a été incontestablement le plus difficile et aussi, à côté de la constitution sur la liturgie et du décret sur l'œcuménisme, le pus riche en conséquences. Par sa forme et la direction de ses déclarations, il s'écarte dans une large mesure de la ligne de l'histoire des conciles et permet, par le fait même, plus que tous les autres textes, de percevoir la physionomie spéciale du dernier Concile. C'est pourquoi il a été considéré de plus en plus après le Concile comme le véritable testament de celui-ci...

 

[...]

 

Si l'on cherche un diagnostic global du texte, on pourrait dire qu'il est (en liaison avec les textes sur la liberté religieuse et sur les religions du monde) une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de contre-Syllabus. Harnack, on le sait, a interprété le Syllabus de Pie IX tout simplement comme un défi à son siècle; ce qu'il y a de vrai, c'est qu'il a tracé une ligne de Séparation devant les forces déterminantes du XIXe siècle: les conceptions scientifiques et politiques du libéralisme.

 

[...]

 

Contentons-nous ici de constater que le texte joue le rôle d'un contre-Syllabus dans la mesure où il représente une tentative pour une réconciliation officielle de l'Eglise avec le monde tel qu'il était devenu depuis 1789... »

 

Il y a là un désaccord profond sur la nature de la Tradition, qui touche à la conception même du magistère et donc de la nature et de la mission de l'Eglise.

 

Les fruits de 40 années d'une « tradition » conciliaire


Ce mot honni de « tradition » que le pape ne craint pas mais que les évêques dans leur grande majorité ont voulu opposer à la modernité en l'assimilant à une conception passéiste et sclérosée du magistère et de la liturgie est aujourd'hui l'objet d'une attention toute particulière.

Cela prête presque à rire de voir ces épiscopes des plus progressistes que les erreurs modernes aient engendré tenter de sauver leurs délires révolutionnaires en les revendiquant de la tradition de l'Eglise. L'exemple de Mgr Claude Dagens, Évêque d'Angoulême, qui ne passe pourtant pas pour être des plus progressistes, est très éclairant :

« Il me paraît impossible de revisiter le Concile ou de distinguer ce qui serait conforme ou non à la Tradition. Le Concile forme un tout cohérent. Il n'a pas été une trahison de la Tradition. On ne peut pas céder à sa révision. Si cet acte de réconciliation nous oblige à relire le chemin parcouru depuis cinquante ans, nous le ferons avec fierté, et non pas en nous battant la coulpe. »


Ce même évêque qui s'est notamment rendu, entre autres scandales, le 15 novembre 2008 à la célébration du 250ème anniversaire de la franc-maçonnerie en Charente. Ce même évêque, membre de l'Académie Française qui n'a pas émit la moindre réserve devant l'élection de l'avorteuse Simone Veil à la même institution. Est-ce là sa conception de la tradition, est-ce là tout simplement sa façon d'être catholique ?

 

On connait les accointances de certains prélats avec la Franc-maçonnerie. Elle n'étonne plus depuis bien longtemps. Ce qui étonne beaucoup plus est le silence pesant d'une grande majorité de l'épiscopat devant le génocide de l'avortement. Où est la conception de la tradition des 99 évêques français qui n'ont pas soutenus la marche pour la vie ?

 

Le pape Benoit XVI, tout en restant fidèle à sa conception de l'herméneutique de la continuité ne s'y est pas trompé :

« Cependant, à certains de ceux qui se proclament comme de grands défenseurs du Concile, il doit aussi être rappelé que Vatican II renferme l'entière histoire doctrinale de l'Église. Celui qui veut obéir au Concile, doit accepter la foi professée au cours des siècles et il ne peut couper les racines dont l'arbre vit. »

 

Le schisme est consommé

 

Inutile de réécrire ce qui l'est déjà. Changeons de pays afin de varier les exemples. Reprenons le communiqué de l'abbé Franz Schmidberger, supérieur du district d'Allemagne de la FSSPX :

« 5. Les évêques exigent de la part de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X  la reconnaissance de l'autorité du Pape, bien que la FSSPX n'ait jamais mis en doute cette autorité. Cela indique que les évêques n'ont pas débattu substantiellement sur les positions de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, ni ne veulent ce débat. 

6. La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X constate au contraire un refus subconscient de l'autorité du Pape au sein de l'épiscopat allemand. Le comportement de ce dernier à l'égard des toutes dernières publications du Pape le prouve :

a) Le souhait du pape de corriger les mauvaises traductions des paroles de la consécration a été, à ce jour, ignoré des évêques allemands.

b) Le Motu Proprio pour la libéralisation de la messe ancienne est traité par certains évêques de façon tellement restrictive qu'il a dû rester presque sans effet. 

c) Les intentions du Vendredi Saint du Pape ont été elles aussi faussement dénoncées par certains théologiens d'Allemagne comme « antisémites ».  

d) En Allemagne, la position claire du Pape concernant la notion d'Église attribuée au sein des communautés protestantes s'est majoritairement heurtée à l'incompréhension.

e) Malgré plusieurs rappels, les évêques allemands n'ont pas retiré la Déclaration de Königstein qui rend inefficace l'Encyclique "Humanae vitae" de Paul VI.

f) Enfin, la déclaration "Dominus Jesus" a elle aussi été vivement critiquée justement par les théologiens allemands parce qu'elle signifie que l'unique chemin de salut est l'Église.

7. Considérant ces  faits, nous voyons que certains évêques refusent le chemin indiqué par le Pape, chemin de la clarté et de la réconciliation. Ils veulent évidemment l'abandon complet de tous les points de vue conservateurs au sein de l'Église. Cette opposition contre le Pape ne s'exprime pas encore ouvertement, mais elle existe depuis longtemps de façon sous-jacente dans de nombreuses manifestations. »


Ce n'est que l'illustration du fait que la grande majorité des évêques, et notamment des pays occidentaux, cela même qui utilisent la « communion » qui, prétendent-ils, les unirait au siège apostolique, n'accordent aucune importance aux désirs du pape et au bien de l'Eglise.

 

Dans le triste constat dressé par monsieur l'abbé Franz Schmidberger, il est intéressant et dramatique de constater que les évêques vont à l'encontre du pape et de l'Eglise en trois endroits :

  • - en matière de doctrine
  • - en matière de loi
  • - en matière politique

Il n'est pas possible dans un cas comme celui-ci de parler même de « communion imparfaite », car de communion, il n'y a pas du tout.

 

Une révolution sans engeance

 

L'échec de l' « aggiornamento » est aujourd'hui patent. Et les faits sont têtus. Ce n'est pas Mgr Hyppolite Simon, archevêque de Clermont-Ferrand, qui interdit à ses prêtres d'accompagner les défunts au cimetière pour l'absoute sous prétexte que les Chrétiens doivent apprendre à se débrouiller tout seul, qui le niera. Ni même Mgr Rouet, repris par Pèlerin Info :

« L'archevêque de Poitiers, Mgr Albert Rouet, teste une nouvelle voie dans son diocèse. Des « communautés locales » de laïcs y prennent en charge toute l'intendance, des finances à l'animation liturgique, afin de permettre aux prêtres de se recentrer sur le cœur de leur ministère : assurer le lien entre les communautés chrétiennes et leur apporter la parole de Dieu. Soit un véritable retour aux premiers siècles du christianisme, pour une Eglise qui n'a plus les moyens, désormais, de fonctionner comme un service public dans chaque village. »

 

Certes si l'Europe parait plus sinistrée que le reste du monde, au moins au niveau des statistiques, cela n'empêche pas le pape Benoit XVI de crier son inquiétude :

« À notre époque où dans de vastes régions de la terre la foi risque de s'éteindre comme une flamme qui ne trouve plus à s'alimenter, la priorité qui prédomine est de rendre Dieu présent dans ce monde et d'ouvrir aux hommes l'accès à Dieu. Non pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï ; à ce Dieu dont nous reconnaissons le visage dans l'amour poussé jusqu'au bout (cf. Jn 13, 1) - en Jésus Christ crucifié et ressuscité. En ce moment de notre histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l'horizon des hommes et que tandis que s'éteint la lumière provenant de Dieu, l'humanité manque d'orientation, et les effets destructeurs s'en manifestent toujours plus en son sein. »

 

Le constat est là : la Foi s'éteint, car elle ne trouve plus à s'alimenter. L'aliment de la Foi ce sont les sacrements, distribués par les prêtres ordonnés pour le sacrifice source de toutes grâces, dans un rite qui exprime la Vérité et la Force qui se déversent par ce moyen dans le cœur de l'homme. Et sans une Foi nourrie par une doctrine sûre, le don à Dieu dans le sacerdoce disparait. Et sans prêtre, plus de sacrement, et sans sacrements, plus de chrétien.

 

Le schisme sans danger de conséquence

 

Face à une frange progressiste qui appelle de ses vœux une Eglise sans prêtres, qui ne respecte ni la doctrine, ni la discipline et ni la politique de l'Eglise Catholique, dont les fruits sont la destruction complète de la foi et de la culture chrétienne, et qui refuse de remettre en question son idéologie que tous constatent mortifère, le schisme de cette frange n'est pas une menace mais une chance, et ne représente aucune conséquence dommageable bien au contraire.

 

Les hommes qui refusent le sens de l'histoire sont voués à l'oubli ou au mépris. Et le sens de l'histoire montre à l'Eglise qu'il faut qu'elle renoue avec sa Tradition, doctrinale et liturgique. Le pape marche dans cette direction. Les chiffres montrent cette évidence. Aujourd'hui, en France, alors que l'ancienne messe avait été déclarée interdite par l'épiscopat français et même mondial, un prêtre sur quatre est ordonné pour le rite tridentin. Les pays où les réformes conciliaires ont été appliquées avec le plus de dureté sont ceux dont la déchristianisation est maintenant achevée.

 

Qu'importe la « communion » des destructeurs du sacerdoce, ces loups déguisés en brebis qui hurlent avec les hordes infernales. Ils refusent l'évidence des faits, ils refusent la doctrine de l'Eglise. Si le schisme n'est pas prononcé il n'en est pas moins effectif. Il serait bon maintenant, afin d'éclairer les âmes dans cette tempête déchainée, que ceux-ci soient dénoncés et fermement condamnés.

 

« Les docteurs d'impiété. Aversion et mépris : voilà ce qu'ils méritent. Ce sont ou bien des ignorants qui s'attachent à la religion sans la connaître et qui se gardent bien d'en étudier les preuves ; ou bien des menteurs qui affichent des convictions qu'ils n'ont pas, car il est impossible à un homme d'être convaincu que la religion est fausse ; ou bien des cœurs gâtés qui blasphèment la religion uniquement parce qu'elle gêne leurs vices. Ignorants, menteurs, impudiques ou voleurs : parmi ceux qui attaquent habituellement la religion, il n'y en a pas un qui ne rentre dans l'une ou l'autre de ces quatre catégories. [...] Fermez-leur impitoyablement votre porte ; à l'occasion, imposez-leur silence, surtout quand vos enfants sont là. » Saint Alphonse de Liguori

 

 

Cette Église conciliaire qui masque le visage de l'Epouse virginale du Christ doit mourir. La Vérité doit être proclamée et l'erreur condamnée. Et malgré le déchainement des puissances infernales, l'Eglise resplendira de nouveau, pour le salut des hommes, car « les portes l'enfer ne prévaudront pas contre elle » (Mt 16, 18).

 


 Austremoine
Par Christus imperat
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Dimanche 22 mars 2009

 


Paris, cathédrale Notre-Dame, vendredi de la 3e semaine de Carême, 20 mars 2009, entre 15 et 16 h

 

VÉNÉRATION DE LA COURONNE D'ÉPINES

tel est l'intitulé qui figure sur le site Internet et à l'entrée de la cathédrale pour les vendredis de Carême et le Vendredi Saint.

 

Sur le parvis et au portail sud qui sert d'accès au sanctuaire, beaucoup de monde et les habituelles roumaines tendant la main ou à genoux, modernes Esmeraldas. Entrée fluide et ordonnée de la file d'attente, accès à la partie réservée pour la prière au centre d'un espace envahi par les touristes des quatre coins du monde. Un chevalier du Saint-Sépulchre vieillissant et un peu sourd fait office peu discret de service d'ordre, deux dames passent régulièrement dans la nef et les travées latérales, avec une corbeille emplie d'imprimés ou d'images diverses dont certaines (toutes ?) sont à vendre, semblables à des ouvreuses de cinéma, modernes marchandes du temple au sein de la partie du sanctuaire dévolue aux offices et au recueillement ?

 

A l'heure dite, la procession entre, faisant le “grand tour” par le bas-côté sud et remontant le seul morceau de nef qui résiste encore aux touristes : chanoines de la cathédrale bardés de l'étole rouge comme le sang du Christ sans doute, trois clercs eux en violet comme il se doit pour cette période liturgique de pénitence mais avec des chasuble et dalmatiques d'un style un peu oriental, chevaliers du Saint-Sépulchre en grand manteau ivoire frappé sur l'épaule de la croix rouge patentée de Jérusalem et ... au milieu, saisissante dans une procession qui se doit masculine, une toute petite très vieille dame toute en noir, mantille et longue cape de satin, une classe extrême, mille ans de chevalerie, de foi inébranlable infailliblement transmise, le visage buriné par près d'un siècle d'épreuves transcendées, et toujours ce maintien droit, le front haut, le regard clair levé vers l'autel...

 

La procession arrivée à la croisée du transept où se trouve l'autel (?!), un chanoine prend la parole pour expliquer la tradition, au sens littéral du terme, des reliques de la Passion, puis annonce que précisément aujourd'hui il accueille des clercs orthodoxes, avec leur chorale, qui vont célébrer les vêpres avant la cérémonie de vénération des reliques.

 

Les vêpres commencent, très beau choeur de basses, très belles mélodies/mélopées en slavon. Je décide, puisque je suis venue jusque là, remettant à demain des tâches ménagères aussi dépourvues d'intérêt qu'urgentes et qui vont obérer la journée de samedi, d'attendre la partie catholique de la célébration mais, ne voulant pas m'unir sans nécessité à une cérémonie qui, bien que chrétienne, n'est pas de ma religion, je tire lunettes et livre bleu de mon sac pour m'absorber dans un examen de conscience préparatoire à une confession quadragésimale. Une partie de l'assistance se lève ou se rassied au gré de la liturgie ; je reste résolument assise, présente mais non partipant à ce rite. Ayant fini mes dévotions, je commence à trouver tout cela un peu long, les chants beaux mais un peu “sopo” à la longue. Enfin le chanoine se lève pour lire un passage de l'Évangile de la Passion : recueillement ... Mais il est environ 15 h 40 : si l'on considère la foule il faudra bien les 20 minutes restantes (on nous a annoncé la fin de la cérémonie pour 16 h) afin que chacun puisse monter jusqu'aux marches de l'autel pour s'incliner et baiser les reliques ; donc j'aurai assisté sans nécessité, et par ma présence donné mon assentiment à une cérémonie presqu'entièrement schismatique – ce que je ne suis pas.

 

Un dernier regard, de loin, vers la Sainte Couronne d'Épines que je ne reverrai pas de près cette fois-ci, un sacrifice de plus à offrir en ce vendredi de Carême, et je pars silencieusement.


S.N. 

 

 

Par Christus imperat
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Jeudi 19 mars 2009


Lors du prochain pèlerinage des 30, 31 mai et 1er juin 2009 qui emmenera les fidèles de la cathédrale Notre-Dame de Chartres jusqu'à la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, Monseigneur Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X célébrera la messe du dimanche de Pentecôte.

En cette année saint Paul ouverte à Rome le 29 juin dernier par le pape Benoît XVI, le thème de ce pèlerinage sera consacré à l'apôtre des Nations.

© LPL-JCT. Reproduction interdite

Par Christus imperat
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Mardi 10 mars 2009


A l’heure où les medias nous abreuvent de propos diffamants et de préjugés faisant de Monseigneur Lefebvre l’initiateur d’une religion sans charité, où la caricature destructrice et l’amalgame grossier prévalent, il me semble important de lire ou de relire cette lettre écrite par un musulman au lendemain de la mort du prélat d’Écône. Ancien archevêque de Dakar et délégué apostolique pour l’Afrique française, Monseigneur Lefebvre fut, pendant des dizaines d'années, un pasteur zélé qui mit en place un épiscopat africain pour remplacer les missionnaires. De 1932 à 1962, il vécut au contact des Musulmans. Au lendemain de sa disparition, l’un d’eux témoigne par une lettre adressée au cardinal Thiandoum. Comment ne pas y voir un écho à ce que disait Benoît XVI à propos de Monseigneur Lefebvre le 29 août 2005 en le qualifiant de « grand homme de l’Église universelle » ?

Lettre de Monsieur Ababacar Sadikhe Thiam au cardinal Hyacinthe Thiandoum, archevêque de Dakar, le 26 mars 1991.

 

Mon cardinal et cher évêque,

 

J’ai l’honneur de venir très respectueusement vous présenter mes condoléances les plus émues à l’occasion de la perte de Mon Seigneur Marcel Lefebvre, rappelé à Dieu et à travers vous toute la communauté chrétienne du Sénégal.

 

Mon Seigneur Lefebvre était plus qu’un ami, un frère, mais un vrai guide spirituel pour moi, hormis de tout matérialisme, un homme que j’adorais.

 

Je vous avoue que j'étais un fidèle pèlerin d’Écone où il me parlait souvent de vous, lors de mes voyages en Suisse, une des raisons pour laquelle je vous envoie chaque fin d’année une carte de vœux.

 

Monseigneur l’Évêque, le Dakarois, le Sénégalais, le plus grand bâtisseur, l’homme de Dieu de foi est parti.

 

Je ne prendrais plus un repas à ses côtés à Écône, au milieu de ses paroissiens de toutes nationalités.

 

Et en me bénissant, en priant pour moi au milieu de tout ce monde, des fidèles venus de tous les coins du monde, il aimait à me présenter comme un musulman sénégalais, aussi j’en étais fier et content. Un bel homme, d’une vive intelligence et qui n’avait d’amour que pour Dieu et Jésus.

 

En vous priant de bien vouloir m’accorder une audience afin que je puisse vous présenter à vive voix, mes condoléances, je serai à la messe de requiem pour le repos de son âme que vous envisagez.

 

Ci-joint une photocopie de sa carte de vœux et une photocopie de la prière, il me les envoyait chaque année. Que Dieu le tout puissant l’accueille dans son paradis éternel.

 

Veuillez agréer, cher cardinal et évêque de Dakar, en vous demandant de prier pour votre peuple et tous les hommes de la terre.

 

Recevez mes salutations les meilleurs.

 

A.S. THIAM

 

PS : Mon livre de chevet, Fideliter. Mgr Lefebvre, mes quarante ans d’épiscopat, qu’il m’a offert.

Par Christus imperat
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Lundi 2 février 2009

Au milieu de ce déchaînement médiatique qui n'a d'autre but que de discréditer le vicaire du Christ, remercions le pape du décret du 21 janvier 2009 et assurons-le de nos ferventes prières !
Signez la lettre en cliquant :
  Soutien à Benoît XVI

Par Christus imperat
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Samedi 31 janvier 2009

Par sur e-deo

Partout, on sonne l’hallali, on crie à la mobilisation. No Pasaran ! Les hérauts de l’ordre laïc s’apprêtent à combattre le retour de l’obscurantisme. On fourbit ses armes, on relance les anathèmes, on écrit, on publie, on signe des pétitions, on affirme une foi catholique que l’on a jamais eu. Les journaleux retrouvent les joies d’une foi oubliée depuis longtemps. Des gestes qu’une gauche libérale avait bannis du vocabulaire font soudainement leurs apparitions. On devient pointilleux, on insiste sur la lettre et la virgule, on fait de grandes sorties contre l’hérésie en l’accusant de blasphème.

Non, Mesdames, Messieurs, la France inquisitoriale n’a pas disparue. Elle survit très bien. Elle survit dans cette gauche libérale, critique d’Humanae Vitae et de l’opposition à l’avortement, soutien de Mgr Gaillot et des dissidents, théologiens de la libération et autres comparses, pourvu qu’ils ne soient pas conservateurs. Ici ou là, des prêtres lancent des anathèmes au pape et aux catholiques, refusant obstinément la politique unitaire œcuménique. L’œcuménisme, c’est bien, mais pas celui-là. Ceux-là mêmes qui ont critiqué l’infaillibilité pontificale du concile Vatican I l’invoque aujourd’hui pour excommunier des gens que l’on qualifie d’hérétiques, de schismatiques, de négationnistes, d’extrémistes ; des gens dont personne n’avait entendu parler jusque là, en dehors du petit cercle des initiés catholiques.

 

Ils n’ont jamais mis les pieds dans une église, mais ils s’autoproclament experts en religion. Et voilà qu’on interroge des Juifs pour les opposer au pape. Que des Juifs aient rompu le dialogue en 2008 suite au projet de béatification de Pie XII ne les intéressent pas. Que d’autres aient rompu le dialogue pour protester contre la prière pour les Juifs du Vendredi Saint ne les intéressent pas plus. Non, la responsabilité est catholique. Des pitres béotiens valent bien les nombreuses années de théologie du pape et de Mgr Lefebvre. “Etes-vous pour cette “réintégration” ? Comment jugez-vous l’attitude du pape ? Voulez-vous faire un communiqué ? Vous rempliriez ma feuille de choux…” Cloué au pilori, on espère que le pape reviendra sur sa décision, qu’il fera plus pour les Juifs ou qu’il provoquera l’abdication complète et généralisée de l’Eglise catholique. On en profite pour exiger la reconnaissance de tout et de rien, des amendes honorables, des expiations publiques sur l’histoire et sur le concile. Des montagnes de frustrations et de non-dits réapparaissent soudainement, comme pour dévoiler la véritable nature des évêques crypto-socialistes.

Dans un immense mouvement de lâcheté compulsive, on s’associe à nos frères juifs plutôt qu’à nos frères chrétiens ; une hiérarchie éhontée se précipite pour rappeler pompeusement que non, ce n’est pas possible, ils ne sont pas comme nous, ils ne sont pas réintégrés. Sur les fora, tout le monde est d’accord : “Ce n’est pas cette Eglise-là que je veux…puisque c’est ainsi, je quitte l’Eglise… Je boycotte le denier du culte… Ils sont tellement obscurantistes…”

 

Les appels à l’unité, qui furent longtemps sur toutes les lèvres, se noient sous les diarrhées chroniques d’injures et d’imprécations. Ceux-là qui prétendent que l’on ne peut lutter contre le “sens de l’histoire” voudraient précisément oublier leurs stupidités d’antan pour empêcher cette liberté-là : l’émancipation des traditionalistes. Mais ce serait peu dialectique, voyez-vous !!!

L’intégrisme désigne le fait de ne jamais interpréter les textes sacrés. Et regardez-les s’attacher à la moindre nuance qui permette d’excommunier les renégats lefebvristes. Regardez-les plonger leurs regards vitreux dans les volumes canoniques desquels émanent des volutes de poussières asphyxiantes.

Une clique de vieillards moribonds repart en guerre pour éviter “les heures les plus sombres”. Et si l’on évoque du bout des lèvres la déportation et la mort en camp de concentration de René Lefebvre, père de l’évêque, ce n’est que pour souligner son appartenance à l’Action Française, chose qui retombe, héréditairement ou génétiquement, sur son “fasciste” de fils.

 

Cette crise aura un double effet bénéfique : attirer l’attention sur les traditionalistes et débarrasser l’Eglise des traîtres libéraux. Car personne ne s’attaque au problème de fond : l’état de nécessité, qui entraîna le choix de sacrer des évêques. Personne ne le conteste, comme si tout le monde l’avait admis, légitimant par là le geste du prélat catholique. Les personnes honnêtes, qui sont plus nombreuses qu’on ne le pense, finiront bien par s’en apercevoir.

Les Torquemada de l’ordre libéral ne seront plus très longtemps les fossoyeurs de la liberté liturgique.


par Didyme sur e-deo

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Mercredi 28 janvier 2009



La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, par la voix de son Supérieur Général, Mgr Bernard Fellay, demandait à Rome, pour engager des discussions doctrinales, afin de rétablir un climat de confiance, l'octroie de deux préalables :

-         la liberté pour tous les prêtres de dire la messe tridentine,

-         le retrait du décret d'excommunication.


Ces deux préalables avaient un triple objectif :

-         rétablir la justice lésée

-         offrir une certaine liberté à la Tradition

-         établir un climat de confiance.


Ces préalables ont-ils vraiment été obtenus, et leurs objectifs ont-ils été atteints ?


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Par le motu proprio Sommorum Pontificum, le pape Benoît XVI affirme que la messe tridentine n'a jamais été abrogée, apportant ainsi un démenti formel au motu proprio Ecclesia Dei Afflicta de son prédécesseur qui en restreignait l'usage au bon vouloir des évêques.  Mais surtout, il était enfin affirmé la liberté du rite de saint Pie V après plus de trente années d'interdiction effective.


Il est juste de reconnaître que ce motu proprio, malgré ses défauts et ses insuffisances, rétablit la justice en reconnaissant le droit de la messe de saint Pie V et offre une certaine liberté liturgique à la Tradition en reconnaissant à tout prêtre la faculté libre et entière de la célébrer.


Il est bon de se souvenir de l'opposition farouche des évêques à travers le monde pour ne pas oublier que cet acte fut un acte courageux posé de façon unilatérale. Ce fut le premier pas concret qui permit à une certaine confiance de s'installer dans le cœur des prêtres et des fidèles de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X.


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Puis, ce 24 janvier 2009, par un décret en date du 21 janvier 2009 de la Congrégation pour les Evêques signé de son président, le Cardinal Giovanni Batista Re, les excommunications prononcées par la même congrégation vingt années plutôt contre Mgr Lefebvre et les quatre évêques sacrés par lui étaient déclarées privées d'effets juridiques.


Afin que justice fut rendue, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X avait bien demandé le retrait du décret d'excommunication, ce qui signifiait l'inexistence réelle de la sanction, et non pas la levée des excommunications qui aurait été la reconnaissance au moins implicite de celles-ci.


Doit-on parler aujourd'hui de retrait ou de levée ?


Il semble que pour répondre il faille considérer deux éléments que sont les circonstances et ses acteurs, et les termes utilisés dans le décret romain.


La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X revendique aujourd'hui, comme en 1988 l'état de nécessité qui a justifié les sacres. Comme en 1988, elle revendique haut et fort cet acte courageux de Mgr Lefebvre. Comme en 1988, elle continue de dénoncer avec vigueur et fermeté les erreurs contenues dans le concile Vatican II. Et comme en 1988, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X garde précieusement cette foi si difficilement transmise, cet amour indéfectible au Saint Siège et au Vicaire du Christ. Rien n'a varié dans ses positions et sa doctrine, rien dans ce qui avait porté Rome à vouloir infliger la sanction de l'excommunication n'a été modifié ou amenuisé, le décret lui-même le reconnaissant en parlant de « communion imparfaite ». C'est donc bien que le désaccord persiste.


Si malgré cela, Rome a donné sans effet son décret d'il y a vingt ans, c'est que dans les faits il s'agit bien effectivement d'un retrait pur et simple de la sanction, une décision absolument unilatérale sans aucune contre partie.


Cependant, si on regarde les termes employés dans le décret du 21 janvier, on peut y lire que le préfet de la Congrégation pour les Evêques remet la peine d'excommunication. Et s'il y a rémission, c'est qu'il y a eu pardon, ce qui n'est pas le cas. De plus, le décret de condamnation se trouve privé d'effets juridiques en date du nouveau décret. C'est donc que les effets antérieurs à cette date restent reconnus et que le décret de condamnation n'est pas purement et simplement retiré.


Nous sommes donc dans une situation ambigüe : la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, du fait qu'elle n'ait rien concédé, peut affirmer en conséquence et avec plus de force que les excommunications n'avaient pas de valeur ni de raison d'être, et le Saint Siège, par les termes employés, peut de son coté accéder à la demande des évêques concernés de ne plus subir cette opprobre sans pour autant perdre la face et se désavouer.


Les objectifs n'ont donc été, en ce domaine, que partiellement atteints :

-         la justice est rétablie de façon partielle seulement, car n'étant pas dans les termes utilisés, un retrait pur, Mgr Lefebvre n'est pas réhabilité explicitement.

-         le cordon sanitaire des sanctions, qui permettaient aux ennemis de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X de la conspuer, n'existe plus désormais. Ses détracteurs se trouvent dorénavant sans arguments solides afin de dissuader les fidèles de se confier à l'apostolat de la Fraternité. Cette nouvelle situation redonne une grande liberté à la Tradition.


Considérant ces deux actes pontificaux, avec le regard que porte sur eux le Supérieur de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, il apparait aujourd'hui que Benoit XVI a bien rempli les deux préalables demandés et que ceux-ci ont, dans la globalité, atteint l'objectif qui leur étaient assignés.


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Et maintenant, quel déroulement attendre de part et d'autre ?


« Dans ce nouveau climat, nous avons la ferme espérance d'arriver bientôt à la reconnaissance des droits de la Tradition catholique. » Mgr Fellay


« [...]paternellement sensible au malaise spirituel manifesté par les intéressés à cause de la sanction d'excommunication et confiant dans l'engagement qu'ils ont exprimé dans la lettre citée auparavant de ne pas ménager leurs efforts pour approfondir les questions encore ouvertes, dans les échanges nécessaires avec les autorités du Saint-Siège, afin de pouvoir atteindre bientôt une solution pleine et satisfaisante au problème qui s'est posé aux origines [...] » Cardinal Giovanni Battista Re


Il est clair que dorénavant, les problèmes à l'origine du désaccord, à savoir les nouveautés introduites à l'occasion du Concile, vont être pleinement posés sur la table. Il y a une volonté de part et d'autre de résoudre le problème.


Naturellement, le Vatican et la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X n'ont pas le même point de vu. Mais un élément est très important : le constat commun de la ruine de l'Eglise. Le cardinal Ratzinger le constatait avec effarement quelques mois seulement avant son élection au souverain pontificat.


D'une part, Rome reste très attachée au concile Vatican II et considère que les effets désastreux proviennent de sa mauvaise interprétation ou de sa mauvaise application. C'est toute la thèse de l'herméneutique de la continuité.


D'autre part, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X considère le deuxième concile du Vatican, comme les pères de ce Concile l'ont défini eux-mêmes, sans aucune autorité dogmatique et à portée purement pastorale. C'est ainsi qu'elle refuse avec droit les doctrines nouvelles introduites par ce Concile et qui manifestement, et à plusieurs endroits, que sont notamment l'œcuménisme, la liberté religieuse et la collégialité, vont contre la doctrine traditionnelle de l'Eglise.


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Aujourd'hui les lignes se sont déplacées : il y a vingt ans, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X était prête à accepter le concile Vatican II à la lumière de la tradition, Rome en faisant le symbole d'un bouleversement, de « l'aggiornamento ». Aujourd'hui, c'est Rome qui cherche à sauver le Concile en essayant de prouver qu'il peut être vu à la lumière de la tradition, qu'il n'est pas en rupture avec le passé de l'Eglise, tandis que la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X veut le remettre en cause directement, veut en dénoncer les nouveautés comme étant incompatibles avec le magistère infaillible de l'Eglise.


Les rapports qui s'engagent aujourd'hui entre Rome et la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X partent sur des bases solides, de confiance et de liberté pour la Tradition. Le problème de fond va être posé, avec une volonté sérieuse et affirmée de chaque coté de résoudre le problème.


Rome, en réalisant les deux gestes forts et courageux, a montré sa volonté de résoudre vraiment le problème et un profond souci du bien de l'Eglise.

La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, en acceptant les opprobres et en montrant indéfectiblement son attachement au souverain pontife, a montré que son action était commandée par amour de l'Eglise.


Le champ est défriché. Reste aujourd'hui à poser des fondations solides sur lesquelles l'Eglise pourra se reconstruire. Ces fondations ne sont autres que sa tradition dogmatique et liturgique, exclusivement.




Austremoine

Par Christus imperat
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Samedi 24 janvier 2009

Le pape Benoît XVI a retiré l'excommunication qu'avait constatée ses prédécesseurs en 1988. Ce décret visait LL. Exc. Mgr Lefebvre, de Castro Mayer, Fellay, Tissier de Mallerais, Williamson et de Galarreta.

Laudetur Jesus Christus !


Par Christus imperat
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Vendredi 23 janvier 2009

La mort du père de Mgr Lefebvre au camp de Sonnenburg

 

Pour ne pas révéler son incapacité manifeste dans les affaires religieuses et surtout pour discréditer la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et son œuvre catholique, le monde journalistique, entraînant parfois même quelques évêques embarrassés à sa remorque, vient jeter l'opprobre sur l'œuvre de Monseigneur Lefebvre. Recueillant quelques mots fort regrettables, ils en font presque le programme de cette société religieuse. Il est bien inutile d'inviter ces messieurs dans nos églises pour se rendre compte, à l'évidence, que les prêches de nos prêtres parlent de l'avenir de nos âmes, jamais de la Seconde Guerre Mondiale. Mais la collusion pour quelques manipulateurs d'esprits est trop tentante ! Le problème, c'est que la tentation n'intervient jamais sans un certain péril. Car il ne serait pas très difficile d'établir la filiation de certains d'entre eux avec des personnages au passé quelque peu douteux au cours de la décennie 1940.

 

La vérité est que l'œuvre fondée par Monseigneur Lefebvre est ancrée dans le Catholicisme, l'ennemi le plus farouche du National Socialisme, ce rejeton païen de l'agnosticisme du XIXe siècle qui a bâti sa terreur sur le règne de la race, tandis que l'Eglise bâtissait son honneur sur celui de Dieu. Tandis que les gouvernants des démocraties libérales se muraient dans leur silence, pendant que le dictateur communiste sanguinaire signait le Pacte germano-soviétique avec Adolf Hitler, le pape condamnait isolément et sollennement le Nazisme dans l'encyclique Mit Brennender Sorge.

 

De manière plus précise, la Fraternité Saint-Pie X plonge historiquement ses racines dans la lutte contre cet agnosticisme complet qui s'est clairement incarné dans les régimes païens du Nazisme allemand et du Fascisme italien. Le père de Monseigneur Lefebvre, René Lefebvre, celui qui l'avait éduqué, celui qui lui avait appris à distinguer les systèmes sains des attelages politiques qui mènent l'Europe à sa perte, n'a pas craint – en son temps – de résister jusqu'à faire couler son sang en mourant déporté au camp de Sonnenburg.

 

Filateur de Tourcoing honoré et estimé, il avait rempli un rôle important au cours du premier conflit mondial. Non mobilisable, il s'était mis à la disposition de l'Intelligence Service et avait permis l’évasion d’un grand nombre de prisonniers. Il retrouva du service dans les réseaux de résistance dès l’année 1940, en transmettant des messages radiodiffusés sur Londres ou en recueillant des prisonniers français, belges ou allemands. Le 21 avril 1941, ce lieutenant des Forces françaises combattantes, membre du réseau Zéro-France, fut arrêté par la Gestapo. D’abord incarcéré à la prison Saint-Gilles de Bruxelles, il fut déporté en Pologne, au camp de Sonnenburg, celui qu'on appela le « Folterhölle », c'est-à-dire « l'enfer de torture », connu pour ses mauvais traitements et brutalités et dont les dernières centaines de prisonniers furent éliminés à la mitraillette dans la nuit du 30 au 31 janvier 1945. D’abord tenu par les S.A., il était géré par les S.S. à l’époque où le père de Monseigneur Lefebvre y entra.

 

Sans abandonner son chapelet, son missel et son imitation de Jésus Christ, René Lefebvre périt le 4 mars 1944. Son corps a disparu dans les charniers du système concentrationnaire nazi. Le 16 juillet 1953, une décision gouvernementale lui attribua la qualité de déporté résistant. C’est bien ce type de héros, fier et noble, défenseur de sa patrie et surtout de sa foi, quitte à donner sa vie, que la Fraternité Saint-Pie X compte donner en modèle à la jeunesse. Ce n’est certainement pas ces tristes « héros » journalistiques si temporels et conformistes passés maîtres dans l'art de l’amalgame et du dénigrement.



Emmanuel Sohet

Par Christus imperat
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