Le pèlerinage du Christ-Roi à Lourdes

Publié le par Christus imperat

Article de Présent du 29 novembre 2008

 

Que Soy era Immaculada Councepciou
(1858, parole de la Vierge à Bernadette en patois bigourdan)

Du samedi au lundi 27 octobre dernier s’est déroulé, à Lourdes, le pèlerinage de la Fraternité Saint-Pie X, à l’occasion de la fête du Christ-Roi instituée par le pape Pie XI, le 11 décembre 1925. Placé sous le sceau du 150e anniversaire des apparitions de la Vierge à Bernadette Soubirous, ce pèlerinage a revêtu une ampleur particulière.

Il était conduit par les quatre évêques sacrés par Mgr Lefebvre (assisté par Mgr de Castro Mayer, évêque émérite de Campos au Brésil), le 30 juin 1988, à Ecône. C’était donc, en même temps pour eux, le vingtième anniversaire de leur consécration épiscopale « illicite »… Ce fut pour tous un réconfort évident de les voir unis côte à côte, dans le même combat pour la rechristianisation, alors que les prophètes de malheur avaient espéré leur désunion.

L’ordinaire du lieu, Mgr Périer, évêque de Tarbes, avait concédé la faculté de célébrer selon le rite tridentin, en vertu du Motu proprio de Benoît XVI, du 7 juillet 2007, à la condition d’empêcher les quatre évêques d’officier dans la basilique Saint-Pie-X, d’une capacité de 20 000 places, largement occupées pour la circonstance. Cela au contraire d’un évêque anglican qui avait reçu licence de pontifier dans la basilique quelques semaines auparavant… Humblement, ceux-ci se conformèrent à ce diktat. Mais ce fut peine perdue car, fidèle à l’exhortation de l’apôtre Paul à Thimothée : « Proclame la Parole… insiste à temps et contretemps… exhorte en toute patience et avec le souci d’enseigner, car il y aura un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ! » Mgr Fellay, au cours de la grand-messe du dimanche 26 octobre célébrée par l’abbé Pfuger, premier assistant de la Fraternité, délivra une homélie saisissante pendant plus d’une heure. Celle-ci fut scandée tout au long par la triple objurgation de la Vierge à Bernadette : « Pénitence, Pénitence, Pénitence ! »

On put noter ici que le supérieur de la Fraternité réussit le tour de force, en fractionnant son propos, de la traduire successivement en cinq langues : français, allemand, anglais, italien et espagnol. Cela fut accompli dans le style le plus pur, sans le moindre accent et… sans papier ! Mais aussi, face à la crise de l’Eglise, l’essentiel de son message fut de prêcher la croisade du Rosaire, celui-là même que la Vierge avait  fait réciter à Bernadette.

Par ailleurs, ce furent trois journées de retraite intense pour les quelque 18 000 fidèles assidus à tous les offices et rassemblements. Elles débutaient par la grand-messe et continuaient par toutes sortes d’exercices de piété, entrecoupés par des retours continuels à la grotte  des Apparitions. Egalement, la cité mariale prenait un aspect paradoxalement insolite d’être parcourue par des centaines d’ecclésiastiques en soutane, de religieux et de religieuses, bénédictins, dominicains, capucins, oblats et oblates de tous ordres, frères, etc., en costume de toujours. Plus particulièrement, tous les pèlerins accomplirent les quatre étapes du Chemin du Jubilé, auquel le pape Benoît XVI avait tenu à attacher la faveur toute spéciale de l’Indulgence plénière. Il fallait donc aller des fonts baptismaux de l’église paroissiale où fut baptisée Bernadette, à l’oratoire de l’hôpital où elle fit sa première communion, en passant par le « cachot » où misérait la famille Soubirous ainsi que la porte Saint-Michel et les arcades précédant la grotte.

La seule fausse note fut à propos de la traditionnelle procession aux flambeaux du samedi soir. Des dispositions ambiguës avaient été déployées pour fractionner et égarer dans l’obscurité l’immense cortège de la Tradition vivante. Cela fut effectué d’ailleurs au grand dam d’autres pèlerinages, en tête celui des gardians camarguais, tout le monde se trouvant entraîné dans une giration sans but à la lisière du parvis des basiliques. Une corde avait été également tendue barrant l’accès de la grotte pour empêcher le périple habituel de la procession le long du Gave. Cependant, les cantiques traditionnels à la Vierge, en tête l’Ave Maria de Lourdes faisait éclater le côté dérisoire d’animations fictives en boucle par une sonorisation poussée à fond.

Le dimanche après-midi, une colossale procession du Saint-Sacrement envahit le bas de la ville après avoir suivi une partie du Gave depuis le parvis des basiliques. Ici encore, la sonorisation officielle tenta d’étouffer les cantiques des pèlerins de la Tradition. Le lundi matin enfin, après la grand-messe célébrée par l’abbé de Cacqueray, supérieur du district de France, ce fut la conclusion du pèlerinage à la grotte.

Ceux qui avaient pu dégager quelques instants de liberté en dehors d’un emploi du temps surchargé, auront pu découvrir, accolé à la basilique d’en haut, son « trésor ». C’est une visite parfaitement révélatrice. On trouve ici la mise au rancart, sous vitrines blindées, de la sacristie antéconciliaire désaffectée depuis Vatican II. Ce trésor conserve, entre autres objets précieux et ornements liturgiques, les cadeaux de tous les papes et chefs d’Etat à la basilique de Lourdes, depuis Pie XI.

 

 

Armoricus

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