Requiem pour l’aggiornamento

Publié le par Christus imperat


Souvenons-nous. C’était il y a un peu moins de cinquante ans. En ouvrant le concile Vatican II devant les deux mille cinq cents évêques réunis dans la basilique Saint-Pierre, le pape Jean XXIII prédisait « une aurore resplendissante qui se lève sur l’Église ». Appelant les Catholiques à en ouvrir bien grand les fenêtres pour qu’un air frais vienne ragaillardir le peuple chrétien, il semblait déjà le subodorer de manière résolument optimiste : « Tout ici respire la sainteté et porte à la joie » disait-il. Cette joie, cette lumière, cette senteur nouvelle, ce sont autant d’images qui figurent l’union entre l’Église et le monde, également résumée dans le maître mot du pape Roncalli : l’aggiornamento, c’est-à-dire la mise à jour de l’Église aux temps nouveaux. En inaugurant la deuxième session de Vatican II, « fenêtre ouverte sur le Monde », son successeur Paul VI accentua l’ouverture d’un Concile qui devait « travailler à jeter un pont vers le monde contemporain » pour le réconcilier avec l’Église. Il défiait ainsi le pape Pie IX qui condamnait en 1864 ceux qui estimaient que le pontife romain pouvait et devait se réconcilier avec la civilisation moderne.

Un demi-siècle a passé et la lumière s’est estompée, les rangs se sont clairsemés, les bonnes odeurs se sont comme évanouies et les piles du pont qui devait relier la papauté au monde moderne n’ont finalement pas été posées. Pire, leurs quelques fondations semblent inexorablement s’écrouler. Entre déclaration tronquée et lynchage médiatique, l’actualité récente a même montré que, dès que l’Église sortait d’un silence qui le confortait, c’est ce même monde qui s’ingéniait résolument à détruire toute tentative d’alliance. Alors que Rome proposait il y a cinquante ans une réconciliation, la civilisation moderne lui répond aujourd’hui par un net refus. Pire, elle couvre le successeur des Apôtres de quolibets. Elle en fait son premier ennemi. Dès lors, entre la papauté et le monde coule ce flot de la désunion sur lequel dérive l’épave de l’aggiornamento tandis que retentit soudainement cette parole de l’Écriture : « Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde entier repose sur le mauvais ». De part et d’autre, le Christ appelle les hommes pour leur rappeler à nouveau : « Qui n’est pas avec moi est contre moi et qui n’amasse pas avec moi dissipe ».

Côme Prévigny

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romain blachier 29/06/2009 15:43

que sont les problémes d'institutions devant la puissance de Dieu?

Gentiloup 24/04/2009 01:45

Magnifique!

"Les piles du pont qui devaient relier la papauté au monde moderne" écrivez-vous!
Mais savez-vous que les piles (les colonnes) et les ponts sont parmi les principaux symboles de la franc-maçonnerie?

Vous écrivez que ces piles n'ont pas tenu... Puissiez-vous dire vrai, cela reste à démontrer! La seule chose sûre c'est que ces piles et ce pont n'ont pas pu être construits dans la vraie Rome, car ils sont incompatibles. Mgr lefebvre a parlé de mariage impossible.

Quoiqu'il en soit les portes de l'enfer ne prévaudront pas et puisse Rome retrouver son vrai visage!