Chronique du vaisseau amiral de la Tradition (I)

Publié le par Christus imperat

Sur la mer Eglise, nefs et embarcations de survie se croisaient.

L’Amiral regardait vers le large, vers ce vaisseau-mère qui était à la fois si lointain et si proche. Son doux sourire chaleureux irradiait les membres de l’équipage qui pourtant connaissaient sa détermination à ne pas laisser la flotte continuer dans cette mauvaise direction.

Ce matin, pour la première fois, sur un des vaisseaux de la flotte, des émissaires des deux camps s’étaient réunis pour discuter de la route vers le salut. Une réunion semble-t-il cordiale après 20 ans de distance où le vaisseau-amiral de la tradition avait tracé seul son sillage, sur la bonne route, mais toujours au sein de la flotte, tout en émettant sans cesse des signaux vers le vaisseau-mère pour lui signaler qu’il n’était pas dans la bonne direction, pour lui signaler qu'à forces de voguer, d'autres embarcations de la flotte avaient fini par changer d'océan..

La rencontre ne s’était pas mal passée : les émissaires des deux camps avaient posés les jalons de la discussion, la méthode en quelque sorte, pour déterminer quelle route était la bonne, et s’étaient séparés, promettant de se revoir après avoir étudié les éléments avancés par l’autre ambassade. Il n’en demeurait pas moins qu’au-delà de la courtoisie de façade, de profonds différents demeuraient. Mais l’Amiral restait serein.

Certes, depuis quelques jours, de petites embarcations avaient essayé de se faire remarquer, en balançant quelques horions, mais sans y guère réussir, trop occupées elles-mêmes à écoper l’eau embarquant de toute part dans leurs coquilles de noix. Leurs puissants portes-voix clamaient leurs importants succès. Mais plus personne n’y prêtait attention, voyant la barque s’enfoncer doucement.

D’autres embarcations essayaient de persuader l’équipage, voire l’amiral, que sa route ne menait nulle part, et qu’il convenait, pour éviter une mutinerie, d’aligner sa route sur celle du vaisseau-mère. L’Amiral souriait toujours, sûr qu’il était de la direction vers le salut de la flotte toute entière, et conscient, simple amiral qu’il était, de sa lourde responsabilité de ramener la flotte toute entière dans la bonne direction. Pourtant, il continuait confiant, sans porter attention aux risques et en priant toujours plus, le regard rivé vers l’Etoile de la mer qui le guidait et dont le voile bleuté protégeait tous les marins.

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