Oui mais non mais

Publié le par Christus imperat

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« Oui mais non mais » : c’est le titre qu’aurait pu choisir Mgr Pozzo pour la conférence donnée aux prêtres de la Fraternité St Pierre le vendredi 2 juillet 2010 à Wigratzbad. Cette conférence aurait pu revêtir une certaine importance lorsque l’on sait que Mgr Pozzo est l’homme choisi par le pape pour mener les discussions doctrinales avec la Fraternité Saint-Pie X.

 

C’est après les ordinations conférées par le Cardinal Canizares que Mgr Pozzo a prévenu les prêtres de la FSSP que rien ne changeait à Rome. En somme, le prélat est venu confirmer la droite ligne d’Ecclesia Dei : on veut bien vous lâcher du leste sur la liturgie, mais pour les réformes conciliaires, tout va bien !

 

Un long texte de ce prélat pour nous expliquer encore et toujours, bientôt cinquante ans après ce fameux concile, que celui-ci serait à l'évidence la simple continuité de la Tradition. Sans doute plus d’une heure de conférence pour dire que certaines formulations qui peuvent paraître malheureuses sont en réalité meilleures. Une série de contorsions intellectuelles pour nous chanter à l’usure le même refrain : le Concile est très bien mais tout le monde l’a mal compris ; Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean Paul II, autant de papes qui ont fait et mis en œuvre ce Concile mais sans comprendre ce qu’ils faisaient.

 

Alors que des voix parmi les plus éminentes demandent que le Concile lui-même soit remis en cause (Mgr Gherardini, Le concile Vatican II, un débat à ouvrir) afin de redonner un peu de clarté au magistère de l’Eglise, Mgr Pozzo préfère s’adonner à des explications servies et resservies depuis plus de vingt ans.

 

Le temps passe, les églises sont vides, les vocations se raréfient. Et pendant que des évêques « en communion », et non des moindres, répandent impunément les pires hérésies, on discute encore à Rome de l’interprétation que l’on pourrait ou que l’on aurait du donner au Concile. Si se dédire tant de temps après en s’attaquant à ce concile tant de fois érigé en dogme semble trop difficile aux autorité romaines, alors qu’au moins on cesse de nous en parler pour le justifier. Si le concile n’a pas contredit le magistère antérieur, alors raison de plus pour reprendre la doctrine traditionnelle, elle dont personne ne remet en cause la clarté.

 

Cette conférence de Mgr Pozzo me fait penser à cette terrible histoire du Titanic : le bateau coule, les passagers se noient et sautent du bateau, mais sur le pont, un orchestre joue de la musique. Et lorsque les violons se turent, le paquebot avait coulé.

 

Il est temps de cesser de jouer du violon et de prendre les mesures qui s’imposent. Le problème n’est plus de savoir à quelle vitesse on aurait dû heurter l’iceberg, où s’il aurait mieux valu le prendre de face plutôt que de biais. Ce qui est certain, c’est que la coque est percée et que l’eau s’engouffre. Le bateau coule.

 

J’oserais m’adresser à vous, Monseigneur, tant le pape vous a donné sa confiance pour discuter de ces choses avec la FSSPX : je vous en conjure, posez votre violon. Nous n’avons pas besoin de musique anesthésiante, mais d’une doctrine claire où la vérité sera proclamée et l’erreur condamnée, d’un épiscopat catholique où les saints évêques sont promus et les mitres hérétiques bannies et excommuniées.

 

Le bateau coule, Monseigneur ! La chrétienté doit retrouver l’aliment de la doctrine traditionnelle qui lui donne sa force et sa vigueur. Sans quoi l’Eglise pourrait devenir une des ces mythologies anciennes dont les historiens étudieront les ruines. Les promesses de l'éternité ne bénéficieraient qu'à quelques raririssimes rescapés.

 

 

Austremoine

 

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